2024 est à quelques encablures.
Après deux années compliquées, que peut on attendre ?

Vous avez déjà sélectionné votre contrat d’électricité et de gaz pour 2024 et certainement 2025. Pourtant ces contrats continuent à être chers par rapport à 2021. La crise de l’énergie est-elle derrière nous ? Devez vous déjà réfléchir à l’après 2025 ? L’état va-t-il continuer à accompagner les entreprises ? Le marché va-t-il continuer à baisser ? Contrat de fourniture 2024 – gaz et électricité : quelques éléments de contextes sur une situation complexe.

Des marchés de gros en forte baisse

Nous avions déjà abordé la question du marché lors de notre article Choisir son contrat de fourniture pour 2024 : est-il encore temps ? (wattvalue.fr). Depuis, et en dépit de la situation géopolitique perturbée, les marchés ont continué à s’orienter à la baisse. Plusieurs raisons expliquent cette baisse : les stocks de gaz sont pleins au delà de 95% en Europe (à date), EDF a significativement amélioré la disponibilité de ses centrales nucléaires, les barrages hydroélectriques sont pleins, la disponibilité de l’éolien est assez bonne, la météo est clémente… Mais un facteur, plus que tout autre, explique la chute des marchés : la demande finale d’électricité et de gaz est solidement installée en dessous des moyennes historiques (-8% par rapport à la même période 2014-2018 selon RTE, la directrice générale d’Engie annonce -20% d’érosion de demande sur le gaz).  On pourrait en conclure que la sobriété ou l’efficacité énergétique sont entrées dans les mœurs.

Quelle évolution des marchés

Autant le tunnel de prix du marché de gros du gaz semble perdurer, autant le marché de gros à terme de l’électricité plonge, passant même en dessous de 100€/MWh pour les 3 années 2024 à 2026 (non visible sur le graphe). La prime de risque liée aux problèmes du nucléaire s’est effacée. Ci-dessous, les graphiques donnent un aperçu des évolutions de ces marchés de gros. Pour rappel, ils permettent de construire les prix de détails.

Le contrat de fourniture – fallait il attendre le dernier moment ?

Avec cette baisse, on peut raisonnablement penser qu’il fallait attendre pour boucler son contrat. Pourtant, ne regrettez pas d’avoir déjà négocié votre contrat. En effet, le marché de gros n’est qu’un élément du prix de détail. Et une baisse rapide des marchés ne se reflète pas immédiatement dans les propositions des fournisseurs. De plus, cette tendance est assez atypique en fin d’année. Ainsi, attendre le dernier moment est un pari sur l’orientation du marché. On ne parle ici que des contrats à prix fixe. Les contrats indexés collent en général plus au marché, mais ils ont largement subi l’explosion des niveaux de prix en 2022. Par exemple, ils ont été très fortement pénalisés (plusieurs dizaines ou centaines d’euros/MWh) en 2022, alors que 2023 est presque une bonne affaire.

Encore des incertitudes

N’oubliez pas aussi que le marché court terme peut évoluer très rapidement dans des directions opposées. Nous ne sommes pas à l’abri d’une bonne ou d’une mauvaise nouvelle (nucléaire, sécheresse ou pluie, absence de vent ou soleil radieux). L’incertitude est maintenant la règle et il peut être préférable d’avoir une visibilité budgétaire compatible avec votre activité. Dans ce cas, viser le prix le plus bas est une vue de l’esprit. Et plus on s’approchait de la fin d’année, plus vous prenez le risque de ne pas trouver d’offres. Des cafouillages lors des changements de fournisseur peuvent aussi avoir lieu. Le risque de coupure devient alors réel si votre fournisseur n’a pas eu le temps de se déclarer auprès du gestionnaire de réseau (Enedis ou GRDF). Enfin, pour l’électricité, les demandes ARENH ont été finalisées pour 2024. Ainsi, il n’est pas certain que les contrats édités en décembre par les fournisseurs en intègreront pour 2024. Or, le prix de l’ARENH est toujours largement en dessous du marché (42€/MWh).

2024 : y aura-t-il des aides aux entreprises ?

Contrat de fourniture 2024 – gaz et électricité : vous les avez et ils restent chers. Pour 2022 et 2023, l’état a largement aidé les entreprises pour faire face à la hausse des coût du gaz et de l’électricité. Pour 2024, les arbitrages finaux ne sont pas encore pris. Et ils dépendent largement du projet de loi de finance 2024 (PLF 2024), qui est en cours de discussion au parlement. 3 éléments ressortent de ces discussions : les aides continueront en 2024 (et l’Europe est d’accord avec ce principe); la CSPE réduite (0,5€/MWh ou 1€/MWh au lieu de 25,815€/MWh) fait partie du PLF même si le sénat voudrait réduire sa portée pour les particuliers ; enfin, un amortisseur et un guichet d’aide devraient être proposés pour les entreprises fortes consommatrices. Sur ce dernier point, attention ! Le seuil de déclenchement de l’amortisseur passerait de 180€/MWh à 250€/MWh, celui du guichet à 300€/MWh. Par contre, la couverture de la facture passerait de 50% au delà de ce seuil à 75%. En résumé : moins d’entreprises aidées, mais une aide plus forte pour celles dont le contrat est très cher.
Toutes ces aides seront confirmées après le vote du PLF 2024 et la publication des décrets d’application.
N’hésitez pas à lire notre article de blog qui reprend les aides de 2023 et anticipe celles de 2024. Il sera remis à jour en fonction des décisions. 

Et la fin de l’ARENH, on en parle ?

L’accès régulé au nucléaire historique (ARENH) est une part significative du prix de fourniture d’électricité. Ainsi, pour un consommateur tertiaire, c’est environ 50% de son prix. La fin actée le 31 décembre 2025 pose question. Le gouvernement s’est donc attelé à lui trouver un remplaçant avec la bénédiction de l’Europe (en effet, ce remplaçant ne doit pas être identifié comme une aide d’état, interdite). Au passage, l’état entreprend une réforme du marché de détail pour ne plus revivre la situation angoissante de 2022. Dont l’explosion des prix était la face visible. Pour définir les contours du successeur de l’ARENH, le gouvernement s’est fixé trois objectifs  :

  1. faire en sorte que les prix de fourniture de l’électricité ne dépendent plus que marginalement du marché des énergies fossiles et donc éviter la flambée de 2022 (Il s’agit de protéger les consommateurs)
  2. assurer la compétitivité des prix de l’électricité pour notamment permettre le développement économique des entreprises (l’industrie électro intensive par exemple)
  3. garantir le développement d’EDF (qui fait face à un mur d’investissement)

Quel dispositif de protection ?

Pour l’instant, l’état et EDF sont déjà parvenus à un accord. Cet accord concerne la totalité de la production nucléaire d’EDF. Pour l’ARENH, environ 250TWh de la production nucléaire d’EDF étaient vendus au prix régulé (dont 100TWh plafonnés pour les fournisseurs alternatifs). Le prix de vente d’EDF ne sera plus régulé mais soumis au marché. EDF fixe un prix cible de 70€/MWh pour la vente de sa production. Au delà, deux seuils de taxation seront définis : 78€/MWh et 110€/MWh. La taxation sera de 50% au delà du 1er seuil et de 40% supplémentaires si le second est atteint (soit 90% de taxation). La « cagnotte » générée par cette taxation sera alors redistribuée au consommateurs français.
L’état promeut également les contrats de fourniture de long terme (4 ou 5 ans) pour donner de la visibilité aux consommateurs. Aussi considéré, il incite à la mise en place de contrats directs (les PPA) et il va également étendre les tarifs réglementés à toutes les TPE (moins de 2m€ de CA).

Des premiers retours pas toujours positifs

Les premières réactions des autres fournisseurs ou des représentants des acheteurs ne se sont pas fait attendre. « Accord négocié dans l’ombre » (UFC), « un mécanisme d’une redoutable complexité » et « moins protecteur que l’ARENH » (CLEEE – association de consommateurs professionnels tertiaires). « Volet contractuel à préciser » (Uniden – électro-intensifs), « illisibilité complète liée au côté ex post (ndlr : après l’année de consommation) ». Ou encore : « EDF qui sera le seul à pouvoir proposer des offres compétitives fermes et à prix fixe » (AFIEG – association d’opérateurs du secteur de l’énergie). Aussi entendu : « cet accord est une boîte noire » (ANODE – fournisseurs alternatifs).
Et pour les consommateurs ? Il y aura une hausse du prix de l’électricité (par rapport à 2021), que ce soit pour votre contrat de fourniture 2024 – gaz et électricité ou après. Le retour pré-crise est très improbable sauf effondrement des marchés.
Pendant ce temps, le ministère consulte : Commercialisation de l’électricité | Ministères Écologie Énergie Territoires (ecologie.gouv.fr) ; vous pouvez retrouver le texte de cette consultation qui explique bien tenants et aboutissants en suivant ce lien.

Contrats de fournitures, quels choix faire en 2024 ?

Les consommateurs et les fournisseurs demandent de la visibilité sur le moyen terme. Les décisions de l’état, la géopolitique, le PLF 2024 (et les suivants), la réforme du marché et les lois associées, les investissements dans les réseaux ou les terminaux GNL vont tous demander de l’adaptation. Négocier son contrat demande de suivre de plus en plus étroitement un environnement de plus en plus complexe. Mais retenez une chose : après 2025, les contrats de fourniture seront 100% marché avec, pour l’électricité, une redistribution de la « rente nucléaire ». Ce mécanisme de redistribution reste à définir si les prix de marché devaient de nouveau exploser pour contenir les prix de fourniture. Et elle sera inexistante en dessous.
Si les fournisseurs alternatifs craignent un renforcement de la position dominante d’EDF, ce sera néanmoins l’opportunité de voir fleurir des offres innovantes.
Cependant, vous avez un élément sous votre contrôle : votre consommation ! Nous avons développé des outils pour suivre votre consommation d’électricité au jour le jour. Vous pouvez voir l’impact de vos actions quotidiennement.
Après avoir bouclé le contrat de fourniture 2024 – gaz et électricité pour la plupart de nos clients, nous allons organiser de nous groupements d’achat en 2024. Le calendrier arrive bientôt !

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