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Marchés de l’énergie, pourquoi regarder (très) loin est votre meilleure option budgétaire. Entre la hausse estivale du prix repère du gaz (+7,4% au 1er juillet) et les composantes réglementaires (taxes, acheminement, CEE) qui bougent constamment, sécuriser ses coûts d’énergie est devenu un vrai défi pour les entreprises. Pourtant, les marchés de gros offrent de vraies fenêtres de tir si on lève les yeux du court terme. En électricité, par exemple, la surcapacité actuelle crée pas mal de bruit à court terme avec un nombre de prix négatifs records sur le marché Spot, mais c’est en construisant une stratégie d’achat d’électricité pro le marché Calendaire (à terme) que vous protégez au mieux vos budgets (voir notre article de blog qui revient sur l’équilibre offre-demande actuel).
C’est exactement cette logique d’anticipation que nous venons de valider lors de notre dernière consultation groupée sur le gaz naturel. Malgré une légère nervosité du marché entre le tour indicatif et le tour final, nous avons proposé d’engager nos clients sur des horizons plus lointains, jusqu’en 2029 et 2030. Résultat ? Si l’année 2027 reste relativement chère à cause du contexte géopolitique (très forte volatilité, couverture de risque importante de la part des fournisseurs), l’anticipation sur la suite paye concrètement : nous avons sécurisé un prix molécule fixe moyen proche des 30€/MWh pour la période 2028-2030 (avec un point bas pour 2029). Pour votre entreprise, l’enseignement est clair : anticiper votre stratégie d’achat de gaz naturel est le meilleur moyen de contourner les crises et de retrouver de la visibilité financière. N’attendez pas les derniers mois de vos contrats pour agir ! N’hésitez pas à consulter notre article à ce sujet.
Que retenir : au risque de se répéter, l’anticipation est la meilleure stratégie pour les contrats de fourniture de gaz et d’électricité dans l’état du marché de gros actuel. La signature du protocole d’accord entre les USA et l’Iran n’a d’ailleurs que très peu fait bouger les calendriers à terme.
En bref – régulation et perspectives
- Protection des consommateurs, la CRE publie son premier grand bilan. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) vient de publier le bilan complet de ses 13 « lignes directrices », un dispositif lancé pour pousser les fournisseurs à plus de transparence sur leurs offres et leurs contrats. Même si ces règles ont d’abord été pensées pour le marché résidentiel (et couvrent aujourd’hui 98 % des particuliers), leur impact est loin d’être neutre pour vous, professionnels.
Sur les 19 fournisseurs nationaux audités, la CRE note de vrais progrès mais relève aussi des points noirs, notamment sur l’estimation des factures lors des changements de prix ou des renouvellements de contrats. La vérification du respect des règles prudentielles est, elle, encore en cours. Pour les entreprises, ce rapport est un excellent indicateur de la fiabilité opérationnelle et de la transparence des acteurs du marché. C’est aussi un rappel utile : quel que soit votre fournisseur, la vigilance reste de mise sur la clarté des clauses tarifaires et la révision de vos échéanciers. Chez WattValue, nous suivons de près ce nouveau type de rapport pour questionner les fournisseurs avec lesquels nous travaillons. Mais, surtout, nous suivons vos contrats, l’application de leurs clauses, publions vos budgets annuels (électricité) et vérifions vos factures. - Climat : ça s’active en coulisses à Bruxelles sur le prix du carbone. C’est une bataille feutrée mais cruciale qui se joue en ce moment dans les couloirs de la Commission européenne selon Euractiv. Face à la baisse récente des cours du carbone, les équipes de la Direction générale de l’action pour le climat s’organisent pour durcir les règles du marché des quotas (SEQE-UE). L’idée ? En finir au plus vite avec les “droits à polluer gratuits” dont bénéficient encore de nombreuses industries. Évidemment, le projet fait réagir : les industriels et plusieurs États membres s’inquiètent d’une facture à plusieurs milliards d’euros qui plomberait leur compétitivité. Pour les entreprises, ce bras de fer est loin d’être anecdotique. Une réforme stricte ferait remonter mécaniquement le prix de la tonne de CO2, ce qui finira par se répercuter sur le coût des énergies fossiles, de l’électricité et donc la compétitivité des industriels.
En bref – Le point marchés
- Énergies renouvelables : l’éolien en mer change d’échelle (et de prix) avec l’AO 10. C’est le projet XXL de la transition énergétique en France. Avec le lancement de l’appel d’offres « AO 10 », l’État franchit un cap en proposant d’attribuer d’un seul coup près de 10 GW de parcs éoliens en mer, dont une majorité d’éolien flottant. Mais si le projet est ambitieux, il pose nombre de questions au sein de la filière. En cause ? Le cahier des charges impose un prix moyen cible inférieur à 100€/MWh. Pour les développeurs, les observateurs et même la CRE, la barre est jugée extrêmement basse pour une technologie flottante manquant de maturé et chère à installer. Beaucoup craignent que cette objectif budgétaire ne décourage les candidats en raison de la faible rentabilité des projets. On retrouve aussi la même question que pour les EPR2 : le coût du MWh de ces nouvelles technologies de production est presque le double du niveau actuel du marché de gros !
- Hydroélectricité : le Parlement débloque enfin les barrages français. C’est la fin d’un désaccord franco-bruxellois qui durait depuis plus de vingt ans. Le Parlement vient d’adopter définitivement une loi pour relancer les investissements dans les grands barrages. En passant d’un régime de concession à un régime d’autorisation, la mise en concurrence exigée par l’Europe est contournée. Ce compromis permet à EDF et à la SHEM (Engie) d’injecter immédiatement 5 milliards d’euros pour moderniser les installations et développer de nouvelles stations de pompage (STEP). Cette loi apporte deux excellentes nouvelles. D’une part, elle va sécuriser et augmenter notre production d’électricité hydroélectrique à un moment où le climat demande plus d’ENR. De plus, la production d’EDF a chuté de 11 % en 2025 à cause du manque de pluie, les investissements permettront d’augmenter la puissance installée de 15% environ. D’autre part, en contrepartie de cet accord, EDF devra mettre aux enchères environ 6 GW de « capacités virtuelles » d’hydroélectricité d’ici début 2028. Une partie de ces volumes sera spécifiquement fléchée pour répondre aux besoins contractuels à long terme des industriels (PPA).
- La Chine et les subventions industrielles. C’est un secret de polichinelle qui vient d’être chiffré. Selon les dernières analyses partagées notamment par l’OCDE et l’Institut de Kiel, la Chine surclasse de très loin le reste du monde en matière de soutien public à ses entreprises, y consacrant jusqu’à près de 2 % de son PIB (soit 5 à 6 fois plus que l’Europe ou les États-Unis). Pékin a industrialisé l’aide d’État à coups d’allègements fiscaux, de terrains gratuits et de crédits bancaires massifs injectés directement dans ses usines. Ces subventions ciblent tout particulièrement les technologies vertes (panneaux solaires, batteries, véhicules électriques), inondant les marchés mondiaux à des prix ultra-compétitifs. Le prochain terrain de jeux : les éoliennes.
Les marchés de gros :
- Marché de gros de l’électricité : portée par le boom de la climatisation en soirée face à des vagues de chaleur précoces, la pointe de consommation estivale en France bascule de manière étonnante (et transitoire ?) en fin de journée ; un phénomène inédit qui était l’apanage de l’hiver avec le chauffage électrique. Ce phénomène pourrait modifier les besoins futurs en flexibilité du réseau (quelle électricité à 19h quand le solaire chute ?) ! Nous sommes néanmoins loin de manquer d’électricité “en moyenne” : EDF a même annoncé la fermeture anticipé d’une tranche de la centrale à charbon de Cordemais, au désespoir des syndicats. Conséquences de la canicule : les prix Spot prennent 40% en une semaine sur les bourses de l’électricité, dépassant allègrement les 100€/MWh ; les centrales à gaz sont également appelées en soutien pour répondre aux pics de demande, notamment en raison de la baisse de production du nucléaire et de l’hydroélectricité..
- Marché de gros du gaz. Sans surprise, les prix de gros du gaz à court terme et sur 2027 se sont repliés (environ -8 à -10% en une semaine). Les échéances 2028 à 2030 sont très stables car elles anticipaient une fin du conflit moyen-oriental. Pour la première fois depuis le début de la guerre (source : AFP), un méthanier français a franchi le détroit d’Ormuz. Ce signal de reprise pour le transit maritime de gaz naturel liquéfié (GNL) pourrait être sans lendemain en raison des incertitudes sur le contrôle du passage des bateaux. Les stocks continuent de se remplir, grimpant de 2 points en Europe en une semaine (remplissage à 46,4% dont 47,59% en France)
- Retrouvez un suivi quotidien des prix de gros de l’électricité et du gaz sur notre site internet : EEX Settlement Price Futures – WattValue – Achats groupés d’énergie et énergie renouvelable pour les professionnels
Suivi des prix de marché de gros de l’électricité : Baseload (€/MWh) :
| Années | Clôture | ||
| 12/06/2026 | 19/06/2026 | ||
| 2027 | 57,78 | 57,25 | ↓ |
| 2028 | 51,64 | 51,95 | ↑ |
| 2029 | 54,61 | 55,18 | ↑ |
Suivi des prix de marché de gros du gaz : Marché TRF (Trading Region France) (€/MWh) :
| Années | Clôture | ||
| 12/06/2026 | 19/06/2026 | ||
| 2027 | 36,04 | 33,98 | ↓ |
| 2028 | 27,15 | 26,90 | ↓ |
| 2029 | 23,38 | 23,46 | ↑ |

