Hausse du prix repère du gaz de 7,4 % en juillet 2026 : votre budget gaz est il concerné ? 

Comme publié par la CRE (Commission de Régulation de l’Énergie), le prix repère du gaz enregistre une hausse de 7,4 % au 1er juillet 2026. Si vous gérez les contrats d’énergie d’une PME ou d’une ETI, cette actualité peut sembler préoccupante à l’approche des renouvellements. Pourtant, en y regardant de plus près, la réalité des marchés de gros est bien plus nuancée que ce que laissent présager les gros titres. Prenons le temps de décrypter ces chiffres pour aborder votre prochain contrat sereinement..

Cette hausse du prix repère de l’été mélange deux réalités très différentes : des ajustements réglementaires et techniques (acheminement) en France, et une réorganisation complète du marché mondial à la suite de la crise au Moyen-Orient et en Ukraine.

Molécule, réseau, taxes : d’où viennent ces 7,4 % ?

Pour y voir clair sur une facture de gaz, il faut séparer ce que vous payez en trois morceaux :

  • L’acheminement (le transport) : c’est le coût d’utilisation des infrastructures (le tarif ATRD), qui augmente pour toutes les entreprises au 1er juillet. C’est une décision purement réglementaire, aucun fournisseur ni consommateur n’y échappe
  • La molécule (le gaz brut) : c’est le prix de l’énergie elle-même, construite à partir des marchés de gros. C’est cette part qui réagit à la géopolitique mondiale. L’Europe s’est déconnectée des gazoducs russes et dépend désormais beaucoup plus des navires de GNL (Gaz Naturel Liquéfié). Conséquence directe : le prix de votre gaz se joue aussi maintenant à l’échelle internationale.
  • Les taxes et contributions diverses : souvent oubliée, cette troisième part pèse lourd dans l’équation. Comme nous l’analysions dans notre article Énergie 2026 : le grand tournant réglementaire, les charges qui pèsent sur le gaz évoluent fortement cette année. C’est le cas du coût des Certificats d’Économie d’Énergie (CEE) répercuté par les fournisseurs, mais aussi de la contribution biométhane (CPB). Ces mécanismes nationaux s’ajoutent à la hausse globale de votre coût de fourniture

Le grand choc du GNL : du blocus d’Ormuz au “Boom” américain

Pourquoi le prix de la molécule de gaz ne s’est il pas effondré après l’annonce d’un accord imminent au Moyen-Orient ? Il faut considérer le changement complet de paradigme.

L’accord USA-Iran et la lente réouverture du détroit d’Ormuz

La signature officielle attendue d’un accord de cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran est une excellente nouvelle qui a immédiatement fait souffler les marchés pétroliers. Cet accord prévoit la réouverture progressive du détroit d’Ormuz, un goulet d’étranglement par lequel transite habituellement 20 % du commerce mondial de GNL (essentiellement en provenance de l’allié qatari).

Cependant, comme le souligne le cabinet d’analyse Wood Mackenzie, la reprise des flux d’énergie au Moyen-Orient sera un processus de plusieurs mois. Les assureurs maritimes restent prudents, la logistique de navigation doit être sécurisée (déminage, protocoles de transit) et les terminaux de chargement ne peuvent pas redémarrer instantanément.

Le redémarrage industriel au Qatar

Plus grave encore pour le marché du gaz : les tensions du printemps ont causé des dommages matériels importants au complexe géant de Ras Laffan au Qatar. Les experts estiment qu’environ 17 % de la capacité d’exportation qatarie va rester hors ligne pendant trois à cinq ans le temps des réparations. Le gaz qatari ne reviendra pas en masse en Europe demain.

Les États-Unis s’imposent comme le bouclier énergétique des entreprises européennes

Face à ce manque qatari, mais aussi en raison des sanctions contre la Russie, un acteur a massivement profité de la situation : les États-Unis. Le conflit a déclenché un véritable “boom” du GNL américain. Les terminaux d’exportation américains se sont multipliés et tournent à pleine capacité : de nouveaux projets d’infrastructure sont sortis de terre à un rythme historique pour alimenter l’Europe et l’Asie.

Pour votre entreprise, cela signifie une chose : le gaz américain (sans risque de blocage géopolitique de détroit) est devenu la nouvelle assurance fourniture de l’Europe. Une assurance qui pourrait être synonyme de dépendance. De plus, cette sécurité a un coût, car l’Europe est désormais en concurrence directe avec l’Asie pour attirer ces navires américains, maintenant les prix à un niveau plancher plus élevé qu’avant la crise et la guerre ukrainienne.

Que disent les indicateurs du marché de gros (2027-2030)

C’est là que notre Suivi des Marchés de Gros devient un outil précieux pour votre stratégie. Si l’on regarde les courbes à terme (les marchés calendaires) sur la place de marché française (PEG/TRF), une tendance très nette se dégage :

  • L’horizon proche (2027) : le marché intègre encore les incertitudes de court terme et les retards de remplissage des stocks européens par rapport à l’an dernier (10 points en dessous à la même date !). Les prix restent volatils autour des 35 €/MWh.
  • Le moyen terme (2028 – 2029 – 2030) : c’est la bonne surprise. Les prix sont plus bas et très stables dès que l’on se projette plus loin. Le Cal 2028 tourne par exemple autour des 27 €/MWh. Les marchés à long terme anticipent déjà la fin complète des perturbations au Moyen-Orient et l’arrivée de nouvelles vagues de GNL.

Le constat : à court terme, la volatilité est un vrai piège, et il est compliqué de prédire la direction des courbes. Mais dès qu’on se projette vers 2028, 2029 ou 2030, le marché retrouve de la stabilité avec des tarifs très bas (toutes choses égales par ailleurs, notre référence restant les prix stratosphériques de 2022).

Stratégie achats : pourquoi l’anticipation est votre meilleure option

Attendre le début de l’automne ou la fin de votre contrat actuel pour négocier est le meilleur moyen de subir la volatilité de plein fouet. La clé réside dans l’anticipation et le lissage du risque.

Plutôt que de signer un contrat classique d’un an calé sur des prix de court terme instables, les entreprises ont tout intérêt à regarder plus loin. En bloquant dès maintenant vos volumes sur les horizons 2028, 2029 ou 2030, vous profitez de prix de gros (relativement) bas pour sécuriser la moyenne de votre contrat final.

Pour une PME seule, notre modèle d’achat groupé prend tout son sens. En regroupant les volumes de centaines d’entreprises, nous profitons de ces niveaux de marché  lointains pour vous bâtir des contrats stables, prévisibles et déconnectés des hausses potentielles de ces prochains mois.

WattValue : votre direction énergie externalisée

WattValue apporte aux entreprises une expertise complète pour maîtriser et réduire leurs dépenses énergétiques à travers plusieurs leviers :

  • Optimisation des tarifs : organisation de groupements d’achats pour l’électricité et le gaz naturel –> notre livre blanc est par ici
  • Vérification et économies techniques : un service de vérification de factures (18 % des factures contrôlées présentent des anomalies) et d’optimisation du TURPE (gain annuel moyen de 750 € par site concerné) –> la vérification de facture : des anomalies à dénicher
  • Veille et anticipation budgétaire : une information continue sur les évolutions réglementaires complexes (fin de l’ARENH, hausse des CEE, nouvelles taxes) pour sécuriser les budgets et éviter les mauvaises surprises, en plus de la projection budgétaire annuelle mensualisée ou de l’optimisation des taxes
  • Accompagnement vers l’énergie verte : aide au choix d’offres d’électricité ou de gaz renouvelables et gestion des garanties d’origine –> Faites le choix de l’énergie verte
  • Éthique et transparence : une garantie d’indépendance totale vis-à-vis des fournisseurs et une transparence complète sur les rémunérations ; WattValue est également certifiée BCorp

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