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Canicule, incendies : quelles conséquences sur le marché de l’électricité ?
La nouvelle vague de chaleur rappelle que le marché de l’électricité reste très sensible aux conditions climatiques. Hausse de la consommation, tensions sur certaines productions et volatilité des prix Spot : l’été 2026 présente plusieurs similitudes avec celui de 2022, même si le système électrique européen demeure aujourd’hui robuste.
- France : une production sous surveillance. La climatisation soutient naturellement la consommation d’électricité, notamment en fin de journée lorsque la production solaire disparaît alors que les besoins restent élevés.Côté production, la chaleur affecte également le parc nucléaire. La semaine dernière, EDF a de nouveau arrêté un réacteur de la centrale de Golfech afin de respecter les contraintes environnementales liées à la température de la Garonne. D’autres centrales ont également vu leur puissance réduite au cours des dernières semaines pour préserver les écosystèmes des fleuves. Le déficit hydrique réduit progressivement les réserves hydroélectriques françaises. Sans être comparable à la sécheresse exceptionnelle de 2022, cette situation incite les exploitants à gérer leurs stocks d’eau avec davantage de prudence en vue de l’été et de l’automne.
- Europe du Nord : une situation plus favorable. A l’inverse, les pays nordiques, et notamment la Norvège, conservent à ce stade des niveaux de production hydraulique globalement confortables. Cette disponibilité continue d’apporter de la liquidité au marché européen et limite, pour l’instant, les tensions sur les prix à terme. La situation est aussi à surveiller dans les prochaines semaines.
- Europe du Sud : une vigilance accrue. Les pays du sud de l’Europe concentrent aujourd’hui les principales tensions. L’Espagne, le Portugal, la France, l’Italie et la Grèce subissent des températures exceptionnellement élevées qui augmentent simultanément la consommation liée à la climatisation et réduisent les ressources en eau disponibles pour la production hydroélectrique. A cela s’ajoutent les nombreux incendies actuellement en cours dans plusieurs pays européens. Au-delà de leur impact humain et environnemental, ils illustrent le niveau de sécheresse atteint et rappellent les tensions observées durant l’été 2022. Plusieurs milliers d’hectares ont déjà brûlé en France et en Espagne, conduisant à des évacuations et à une mobilisation exceptionnelle des moyens de lutte contre le feu.
- Des marchés Spot très volatils… Les épisodes caniculaires provoquent des variations importantes sur le marché Spot. Ces mouvements restent toutefois à relativiser : le marché au comptant ne représente qu’une faible part des volumes réellement consommés. La majorité des entreprises achètent leur électricité à travers des contrats à prix fixe ou des stratégies de couverture. Il convient également de rappeler que l’énergie elle-même ne représente qu’environ 40 % de la facture finale d’électricité ; le reste correspond principalement aux coûts d’acheminement (TURPE), aux mécanismes réglementaires et aux taxes.
Notre analyse : Les épisodes de chaleur extrême, de sécheresse et d’incendies devraient devenir plus fréquents. Ils constituent désormais des facteurs structurels du marché européen de l’électricité, au même titre que les indisponibilités nucléaires, la disponibilité hydraulique ou le développement des énergies renouvelables. Dans ce contexte, les fluctuations du marché Spot sont appelées à rester importantes lors des épisodes climatiques extrêmes. Elles ne doivent toutefois pas conduire les entreprises à modifier leur stratégie d’achat dans l’urgence. Nous recommandons de privilégier une couverture progressive des volumes sur les marchés à terme, d’optimiser les coûts d’acheminement (TURPE) et, lorsque cela est possible, de déplacer les consommations les plus flexibles vers les heures les plus ensoleillées afin de tirer pleinement parti de l’abondance de la production solaire européenne.
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En bref – régulation et perspectives
- Marchés de gros : la CRE publie son rapport de surveillance 2025. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) confirme un retour à la normale après la crise énergétique, mais pointe du doigt des marchés en pleine mutation. Le marché s’apaise en moyenne, mais sa volatilité au jour le jour est historique
- Offres à tarification dynamique : sursis pour les fournisseurs. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) reporte au 30 juin 2027 l’obligation, pour les fournisseurs d’électricité de plus de 200 000 clients, de proposer des offres à tarification dynamique. Ce délai supplémentaire leur permettra d’adapter leurs systèmes d’information et de facturation, mais aussi de mieux informer les consommateurs sur le fonctionnement de ces offres. Le principe est simple : le prix de l’électricité suit, heure par heure, les évolutions du marché de gros. Le consommateur est ainsi incité à déplacer sa consommation vers les périodes où l’électricité est moins chère, tout en supportant directement les variations de prix, auparavant prises en charge par le fournisseur.
- Fraude aux CEE : plusieurs fournisseurs sanctionnés par l’État. Le ministère de l’Économie a sanctionné plusieurs opérateurs du dispositif des Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) pour des dossiers non conformes ou frauduleux (JO du 23 juin 2026). Les certificats annulés devront être remplacés par des volumes achetés sur le marché, générant un coût supplémentaire pour les fournisseurs concernés. Si l’impact reste limité pour les grands groupes, les sanctions sont plus lourdes pour certains acteurs de taille plus modeste, avec, dans certains cas, des amendes financières.
En bref – Le point marchés
- Électrification : le Gouvernement consulte sur les contrats à long terme. Le ministère de l’Économie lance une consultation publique sur de nouveaux contrats d’approvisionnement en électricité à long terme. L’objectif est de permettre aux entreprises de sécuriser durablement leurs coûts d’électricité tout en facilitant le financement de nouvelles capacités de production décarbonées.
- GNL et émission de méthane. La Commission européenne envisage d’assouplir, entre 2027 et 2029, les règles applicables aux importations de gaz afin de sécuriser l’approvisionnement de l’Europe. Les sanctions liées au non-respect du règlement sur les émissions de méthane pourraient être temporairement allégées, dans un contexte de fortes tensions géopolitiques et de dépendance accrue au GNL importé.
Les marchés de gros :
- Marché de gros de l’électricité : Après plusieurs semaines de tension, les prix à terme de l’électricité ont légèrement reculé, offrant de nouvelles opportunités de couverture. La détente reste toutefois fragile, en particulier sur l’échéance 2027, toujours la plus sensible aux aléas climatiques. A court terme, les marchés demeurent sous pression. La canicule, les contraintes sur le parc nucléaire français, le faible niveau des réserves hydrauliques et une production éolienne limitée continuent de soutenir les prix. En soirée, lorsque la production solaire diminue, le recours aux centrales à gaz reste indispensable pour équilibrer le système électrique européen.
- Marché de gros du gaz. Après la détente observée fin juin, les marchés du gaz sont de nouveau sous tension. La reprise des frappes entre les États-Unis et l’Iran ravive les inquiétudes sur les flux de GNL transitant par le détroit d’Ormuz et entretient une prime de risque géopolitique. Les stocks européens continuent néanmoins de se reconstituer, limitant le risque à court terme. Le marché reste toutefois très sensible aux évolutions géopolitiques, à la concurrence asiatique pour le GNL et aux besoins accrus en électricité liés aux fortes chaleurs estivales.
- Retrouvez un suivi quotidien des prix de gros de l’électricité et du gaz sur notre site internet : EEX Settlement Price Futures – WattValue – Achats groupés d’énergie et énergie renouvelable pour les professionnels

