Chute inattendue des prix de gros de l’énergie.
Faut-il signer son contrat de gaz ou d’électricité maintenant ?

Les marchés de gros du gaz et de l’électricité ont retrouvé leurs niveaux de début 2021. Après la flambée de 2022 et la correction graduelle de 2023, la chute s’est accélérée en ce début d’année. Une correction qui s’explique même si sa brutalité surprend la plupart des analystes. Tour d’horizon sur une chute inattendue des prix de gros de l’énergie (gaz et électricité). Question subsidiaire : faut-il en profiter ?

Retour de flamme

On se souvient de l’envolée des prix du gaz naturel suite à la crise ukrainienne. De surcroit, la reprise économique post-covid ainsi que les déboires de la filière nucléaire ou la sécheresse de 2022 ont largement contribué à l’explosion des prix de gros de l’électricité. Il n’était pas prévu de retrouver une situation normale avant 2025, au mieux. EDF avait besoin de temps pour remettre en état ses centrales. Pourtant, les prix de gros de l’énergie sont revenus aux niveaux de début 2021 comme le montre nos graphes ci-dessous. C’est 25% de moins entre le 1er janvier et la mi-février 2024. Le prix du MWh de gaz est 5 fois plus faible qu’au plus haut de 2022 ; celui de l’électricité 6 fois plus bas (pour les échéances 2025).

Une offre reconstituée 

La chute inattendue des prix de gros de l’énergie trouve sa source dans la capacité de l’Europe à trouver à marche forcée une alternative au gaz Russe. Les approvisionnements diversifiés permettent même de maintenir les niveaux de stock de gaz à plus de 60% au niveau européen. Un exploit en plein milieu de l’hiver.
La « remontada » d’EDF pour réparer la corrosion de certains tuyaux de ses centrales est à saluer. On notera néanmoins que seuls 330TWh ont été produits contre un maximum de 400TWh dans les années fastes. Le déploiement continu de moyens de production éoliens et solaires contribue également à équilibrer le réseau électrique. 3 pays ont même dépassé 50% de production d’électricité à partir de sources renouvelables en 2023 (Allemagne, Espagne, Portugal).
Cerise sur le gâteau : la France est redevenue nette exportatrice d’électricité en 2023. C’est un signal fort de la puissance retrouvée de l’outil industriel du premier producteur européen.

Un bilan énergétique en berne

Dans un bilan publié le 27 février 2024, GRTgaz (le gestionnaire de transport de gaz naturel en France) donne une photo de la consommation de gaz en France. Il faut revenir à 1990 pour trouver une consommation si faible. 400 TWh consommés en 2023, c’est 30TWh de moins qu’en 2022 ou 74 TWh qu’en 2021. Et même une chute de 147 TWh (27% de moins !) par rapport à 2010.
RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité, fait un constat similaire : « L’année 2023 traduit ../.. un nouvel équilibre pour le système électrique ». Une formulation qui résume une consommation baissière et d’une production qui retrouve des couleurs. En 2023, la consommation d’électricité a atteint 445TWh, soit 15TWh de moins qu’en 2022 ou une baisse de 30TWh par rapport à la moyenne 2014-2019.
Effet miroir : la baisse de la consommation d’électricité et la meilleure santé de nos centrales nucléaires font également baisser la consommation de gaz naturel.

Sobriété mais pas que… 

La chute sans précédent de la consommation de gaz et d’électricité contribue donc largement à la chute inattendue des prix de gros de l’énergie. Les consommateurs, ménages, tertiaires ou industriels, ont répondu au signal prix : ils ont moins consommé ! Les gestes les plus simples ont été appliqués. S’ils s’inscrivent dans la durée, ils sont un reflet d’une surconsommation évitée. Rappelons nous néanmoins que la consommation d’électricité n’avait baissé que de 10% en pleine crise Covid. Cependant, des entreprises énergivores ont arrêté des processus industriels, se sont converties à d’autres sources d’énergie ou se sont délocalisées (destruction de demande).
Un hiver très doux (encore un) a allègrement participé à cette baisse inédite de la consommation.

Une baisse des prix de gros pérenne ?

Cette baisse des prix du gros met du temps à se traduire dans les factures des consommateurs. Pour les professionnels, il y a une certaine inertie liée à la durée des contrats. Le consommateur ne subit pas la hausse immédiatement (sauf à avoir un prix indexé). Et la baisse n’est pas répercutée instantanément non plus. On peut argumenter que le bouclier tarifaire a également évité, plus ou moins bien, le plus dur de la hausse des marchés. Néanmoins, certains fournisseurs misent sur un rebond des prix : la baisse des prix actuelle va relancer la consommation (et donc contrarier la baisse). Des experts estiment eux que la baisse va se poursuivre. Cette baisse pourrait alors avoir un effet dissuasif sur les investissements : des prix trop bas fragiliseraient les investissements nécessaires à l’électrification de l’économie. Nous ne sommes donc pas à l’abri d’une volatilité importante dans les années à venir, des cycles offre/demande assez classiques. Bien malin qui pourra deviner le prix de gros dans 12 mois.

Traduction dans les prix de détail de cette chute inattendue des prix de gros de l’énergie

Les factures d’électricité et de gaz dépendent de 3 paramètres : le prix de l’énergie, l’accès au réseau et les taxes. Ces deux derniers constituants sont réglementés et ont plutôt tendance à augmenter. Par exemple, la hausse de la CSPE explique l’augmentation des tarifs réglementés de l’électricité de 10% en février 2024 alors que les marchés les tiraient à la baisse. Seule la partie énergie est négociée et dépend des marchés. Même si l’Europe travaille à une refonte du marché de l’énergie, que la France cherche un successeur à l’ARENH, les niveaux de prix actuels militent pour figer au moins une partie de ses achats d’énergie sur 2025 et 2026.

Choisir son contrat de fourniture pour 2025 : le temps du choix (encore)

Les consommateurs peuvent obtenir de la visibilité sur le moyen terme, et profiter de la chute inattendue des marchés de gros de l’énergie. Il faut simplement décider si vous pariez sur la continuation de la baisse du marché ou si vous préférez figer votre budget. Contactez nous pour participer à notre prochaine consultation groupée de gaz ou d’électricité.

  • Pour l’électricité : date limite d’inscription le 22 Mars 2024

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La décision de choisir son contrat de fourniture est prise. Faites vous accompagner après sa signature. WattValue vous aide à gérer vos dépenses énergétiques et est à vos côtés dans votre transition énergétique. Ainsi, vous devez optimiser tous les coûts qui sont maitrisables, à commencer par la consommation. Nous vous accompagnons sur :

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