L’actualité à la une

Futurs énergétiques 2050 & Fiscalité : la transition électrique face au défi des coûts. Alors que la consultation publique pour la réactualisation des Futurs énergétiques 2050 de RTE vient de s’achever sur une participation record, le débat sur l’avenir de notre système électrique entre dans une phase technique décisive. Cinq ans après la première étude, le contexte a profondément changé : la sécurité énergétique et la compétitivité sont désormais indissociables de l’urgence climatique. Si le bilan énergétique provisoire de la France témoigne d’une nette amélioration de notre indépendance énergétique (portée à 62,7 % grâce à une meilleure disponibilité du nucléaire et à l’essor du solaire, son meilleur niveau depuis 1970), la stagnation globale de la consommation montre que notre trajectoire d’électrification reste trop lente.
Pour inverser la tendance et sortir de notre dépendance aux énergies fossiles, la question de la maîtrise économique s’impose comme « l’éléphant dans la pièce ». Face à un signal-prix de l’électricité jugé trop peu attractif, une centaine de parlementaires ont récemment publié une tribune appelant à baisser les taxes. Un message qui semble faire écho aux arbitrages gouvernementaux : dans le cadre de la préparation du Budget 2027, l’exécutif envisage une baisse de la fiscalité sur l’électricité pour soutenir la compétitivité et encourager les usages bas-carbone.
Les premiers résultats des modélisations de RTE, attendus à la fin de l’année, seront cruciaux pour chiffrer les coûts complets de ces trajectoires (réseau, flexibilité) et arbitrer notre mix énergétique futur.

Que retenir de ces considérations à court et moyen terme :

  • Opportunité fiscale à court terme (2027) : la baisse envisagée des taxes sur l’électricité pourrait redonner de l’air à vos budgets énergétiques et rendre l’électricité plus compétitive face, notamment, au gaz. C’est le moment d’accélérer l’audit de vos processus métiers et de leur électrification. 
  • Visibilité à moyen terme : les futures modélisations de RTE vont intégrer les coûts complets du réseau et du stockage. Anticipez dès maintenant vos besoins de consommation et pensez à sécuriser vos prix via des contrats de moyen terme sans attendre une hypothétique chute des prix ou un brutale conversion vers l’électricité qui pourrait inverser le statu quo actuel (offre > demande)
  • L’accompagnement WattValue : face à ces évolutions fiscales imminentes et à la complexité des futurs scénarios de RTE, nos experts vous aident à décrypter l’impact réel de ces taxes sur vos factures et à les anticiper pour vos budgets. De l’audit de vos contrats actuels à la mise en place d’une stratégie sur-mesure, WattValue sécurise vos décisions d’achat pour en faire un levier de performance durable.

Bon à savoir

  • Volatilité des marchés :  alors que les prix à long terme de l’électricité affichent un calme plat, le marché du gaz naturel traverse toujours une zone de fortes turbulences à court terme (consultez notre suivi des marchés sur notre site internet et chaque semaine en conclusion de cette infolettre).
    • Électricité : une stabilité remarquable à saisir. Du côté des contrats annuels de gros, les fluctuations de prix restent minimes depuis le début de l’année. L’écart moyen par rapport à la tendance générale, inférieur à 6%, n’est que de 3€/MWh pour les échéances 2027 et 2030, et descend même à moins de 2€/MWh pour 2028 et 2029..
    • Gaz naturel : une volatilité à deux vitesses. L’histoire est radicalement différente pour le gaz, marqué par une volatilité exacerbée sur 2026 et encore très élevée sur 2027 (avec des écarts de prix de 6,5 €/MWh, soit près de 20%). En revanche, le marché anticipe une résolution progressive du conflit au Moyen-Orient à plus long terme, avec des fluctuations qui s’écrasent sur les échéances 2028 à 2030 (passant de 10% à moins de 5%)
    • À retenir : face à ce double constat, la stratégie est claire. Pour vos budgets électricité, profitez de cette stabilité rare pour figer dès maintenant vos prix sur les horizons 2028-2029. Pour vos contrats gaz, évitez de subir la volatilité court terme des années 2026-2027 et privilégiez des couvertures rapides et un positionnement sur les échéances lointaines (2028+), là où le marché redevient lisible et apaisé.
  • Biométhane et Certificats de production. Dans notre édition du 11 mai dernier, nous faisions le point sur les dynamiques du gaz vert en France. L’actualité s’accélère cette semaine avec deux évolutions majeures qui bousculent le paysage des Certificats de Production de Biogaz (CPB), tant sur le plan réglementaire que sur celui des prix
    • Réglementation : Bruxelles épingle les CPB français. La Commission européenne a ouvert une procédure d’infraction contre la France ([INFR(2026)4002]). Le grief : réserver la traçabilité des CPB au seul biométhane produit sur le territoire national est jugé contraire à la libre circulation des marchandises au sein de l’UE. Paris a deux mois pour réagir, ce qui pourrait forcer l’ouverture vers un marché européen unifié du biométhane, conformément au plan REPowerEU.
    • Marché : Baisse en trompe-l’œil des indices des CPB sur EEX en avril. Après un pic à 91,16 €/MWh en mars (porté par les tensions de janvier), le prix des CPB a reflué à 86,84€/MWh en avril. Attention, cela ne traduit pas une baisse de fond du marché : ce repli s’explique uniquement par les volumes émis en avril, qui intégraient des productions étalées d’août 2025 à février 2026. 
    • Notre avis : cette procédure européenne ajoute une nouvelle incertitude réglementaire majeure sur le marché du gaz naturel. Elle pourrait, à terme, impacter directement vos factures d’énergie (à la baisse ?), dont la part réglementaire et fiscale ne cesse de croître. Nos experts suivent quotidiennement ces évolutions de marché pour anticiper les risques sur vos budgets. Dans l’état actuel de la réglementation, les CPB ajouteraient plus de 4€/MWh sur vos factures en 2028.
  • Décret Tertiaire : un premier bilan encourageant mais incomplet. Le nouveau bilan officiel de la plateforme OPERAT, qui compile les données déclarées jusqu’à fin 2025, révèle une nette accélération de la transition énergétique dans le secteur tertiaire. Cependant, le taux de déclaration sur la plateforme reste bloqué entre 50% et 60% du parc concerné, à cause de dépôts effectués en retard. Sur les données intégrées, la consommation d’énergie a chuté de 26% entre la période 2010-2019 et l’année 2024. Signe majeur de cette dynamique, 51% des entités déclarées ont déjà atteint leur objectif de réduction pour 2030, un taux en progression constante qui incite toutefois la moitié restante à accentuer ses efforts de décarbonation. À retenir : si la baisse des consommations est réelle, le rapport montre que de nombreuses entreprises s’exposent encore à des sanctions par manque de temps ou de données fiables. Nous vous proposons des outils simples de suivi de consommation : la collecte rigoureuse de vos données de consommation est une première étape pour remplir vos obligations. 
  • CEE : la filière électrique défend le dispositif. Dans une tribune collective, une vingtaine de dirigeants du secteur (Legrand, Rexel, Atlantic…) soutiennent le plan d’électrification gouvernemental et rappellent le rôle clé des Certificats d’Économie d’Énergie (CEE). Ce mécanisme mobilise plus de 8 milliards d’euros pour la décarbonation sans peser sur le budget de l’État. Pour optimiser le dispositif, la filière appelle à fluidifier le marché, réclame une stabilité réglementaire stricte et demande de contrer les fraudes. Ces CEE (très utiles au demeurant mais remises en cause par de nombreux politiques) sont répercutées dans vos factures de gaz et d’électricité et ont plus que doublé en 3 ans (à environ 12€/MWh).
  • Méthane : un sursis européen pour le secteur des fossiles. L’Union européenne prévoit de mettre en place une exemption de pénalités de trois ans pour les entreprises du secteur pétrolier et gazier qui enfreindraient les réglementations sur les émissions de méthane. Ce sursis qui fait débat permet à l’industrie de disposer d’un délai de transition pour s’adapter aux nouvelles exigences de réduction des rejets. L’objectif est surtout d’éviter une pénurie d’approvisionnement ou une hausse des prix à la consommation, sachant que 90 % des producteurs de gaz naturel ne respectent pas la réglementation. Pourquoi une polémique : le méthane a un pouvoir de réchauffement global environ 80 fois supérieur à celui du CO2. Réduire ses émissions reste le moyen le plus efficace pour ralentir à court terme le réchauffement planétaire.

Les marchés :

  • Marché de gros de l’électricité : la production nucléaire a atteint un plus haut de 7 ans sur la période Janvier-avril 2026 (133TWh contre 130 en 2025). Par contre on surveillera la production hydroélectrique dont les stocks sont à un plus bas de 4 ans en France mais également au niveau européen. Conséquence : en pleine vague de chaleur, les prix de l’électricité à court terme subissent de fortes variations, tandis que les contrats d’été se heurtent aux risques de canicule, aux contraintes de refroidissement des réacteurs nucléaires ou d’approvisionnement en charbon (par voies fluviales !) des centrales allemandes. Pendant ce temps, portés par une solide demande et des arbitrages, les de la tonne de CO2 dépasse les 80€/tonne pour la première fois depuis février 2026. Sa hausse soutient les prix de gros de l’électricité notamment chez nos voisins.     
  • Marché de gros du gaz. Le GNL confirme son statut de marché mondialisé avec une grande première : le Canada s’apprête à exporter ses premières cargaisons vers l’Europe, ouvrant une nouvelle voie d’approvisionnement. Cet apport sera crucial, car les clignotants se tendent sur le front des stocks européens. Bien qu’ils progressent régulièrement pour dépasser les 35 %, leur rythme de remplissage ralentit nettement : le taux global plafonne à 40%, accusant un retard de 7 à 10 points par rapport à 2025, et reste bien en deçà de la moyenne historique des cinq dernières années (53%). Ce déficit ravive les tensions sur les prix, alors qu’une compétition s’annonce avec l’Asie pour capter les cargaisons de GNL afin de faire face aux canicules estivales anticipées. Heureusement, sur le front géopolitique, les rumeurs autour d’un potentiel accord de cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis offrent une bouffée d’oxygène et tendent à apaiser les marchés. Il faudra néanmoins rester vigilant : même en cas de signature, un retour à la normale sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement prendrait plusieurs mois .
  • Retrouvez un suivi quotidien des prix de gros de l’électricité sur notre site internet : EEX Settlement Price Futures – WattValue – Achats groupés d’énergie et énergie renouvelable pour les professionnels    

Suivi des prix de marché de gros de l’électricité : Baseload (€/MWh) :

Années Clôture
  15/05/2026 29/05/2026  
2027 55,75 56,31
2028 51,65 52,50
2029 54,36 55,15

Suivi des prix de marché de gros du gaz : Marché TRF (Trading Region France) (€/MWh) :

Années Clôture
  15/05/2026 29/05/2026  
2027 37,08 35,10
2028 27,24 27,02
2029 23,32 23,62