Énergie 2026 : Ce qui change (vraiment) pour votre budget : dans la continuité de l’infolettre de la semaine dernière, après une année 2025 loin d’être de tout repos, à quoi s’attendre pour votre énergie en 2026 – fin d’une ère pour vos contrats d’électricité, nouvelles taxes, nouvelle réglementation, dépendance au GNL…
Le marché de l’énergie en 2026 n’est plus celui que nous avons connu. Entre la nouvelle régulation du nucléaire et la volatilité persistante des prix de gros, les entreprises doivent réapprendre à piloter leur budget énergétique. Dans notre dernier article de blog, nous décryptons les leviers indispensables pour sécuriser vos coûts cette année et transformer cette transition en opportunité de compétitivité.
Preview : “L’année 2025 s’achève sur un paradoxe trompeur pour les entreprises : alors que les courbes des prix de gros de l’électricité et du gaz affichent enfin une accalmie, la facture finale, elle, s’apprête à devenir un véritable casse-tête réglementaire“. Pour lire la suite : c’est par ici 

Bon à savoir

  • Évolution de la CTA : nous avons relayé l’information gouvernementale actant une baisse de 25% la CTA dès le 1er février 2025 ; cette contribution s’applique sur la part fixe du tarif d’utilisation des réseaux d’électricité et sur l’accès au réseau pour le gaz. Le gouvernement a précisé que la baisse ne concernera pas la CTA sur le gaz. C’est cohérent avec la volonté de favoriser l’électrification de l’économie.   
  • Hausse technique de l’ATRT et de l’ATS3 : vous consommez du gaz ? Dès le 1er avril 2026, la part transport de l’acheminement de vos factures de gaz augmentera de +3,41 % (tarif ATRT8) tandis que le revenu de stockage (ATS3) évoluera différemment en fonction des opérateurs de stockage (+4,3% pour Storengy et -0,3% pour Teréga). Cette évolution annuelle, pilotée par la CRE, finance notamment la mise en conformité avec le nouveau règlement européen sur le méthane. Cette inflation sur le coût de l’infrastructure combinée aux changements des coûts de stockage pourrait alourdir le budget gaz global de quelques euros à quelques centaines d’euros cette année en fonction de votre consommation (de 0,3% à 1,5%).
  • Centrale Biomasse : à Gardanne, la plus grande centrale biomasse de France tourne désormais à plein régime. Après des années de blocages, ce géant de l’énergie sécurise enfin le réseau pour l’hiver 2026, marquant la fin de l’ère du charbon en Provence. La puissance est néanmoins passée de 600MW à 150MW. 450 000 tonnes de bois pourraient être nécessaires / an. L’origine du bois est sujet à controverse entre l’opérateur, la région, l’état et certaines ONG (source).
  • Réseau électrique : alerte du premier syndicat d’EDF. La CFE-CGC s’inquiète pour la stabilité du système en 2026. En cause : un développement des renouvelables jugé trop rapide face à un nucléaire que l’on force à trop de flexibilité, menaçant la durée de vie des réacteurs et la sécurité d’approvisionnement. Cette alerte intervient alors que le gouvernement doit publier la programmation pluriannuelle de l’énergie qui donnera une perspective sur les objectifs de déploiement du nucléaire et des énergies renouvelables. Selon RTE, la modulation “forcée” (adaptation de la production à la réalité de la consommation pas uniquement du renouvelable) des centrales d’EDF a atteint 12TWh en 2025. – un record (elle pourrait atteindre 35TWh ou plus d’ici 10 ans.

Les marchés :

  • Marché de gros de l’électricité : les tendances à terme sont cohérentes avec l’excellente tenue du parc nucléaire : les prix de gros 28 et 29 continuent de baisser et la prime pour les échéances lointaines se réduit. Le peakload (prix de gros pendant les heures de forte consommation) baisse plus vite que le baseload en raison des perspectives de mise en production de capacité de production renouvelables. On surveillera le prix du gaz, la moitié de la baisse de la semaine ayant été effacée vendredi pour l’échéance 2027, et du CO2 qui s’approche des 100€/tonne. Information : le prix de gros au comptant (pour livraison le lendemain) a dépassé 100€/MWh pendant la vague de froid.
  • Marché de gros du gaz : toujours impactés par la vague de froid, les niveaux de stock ont largement baissé en Europe (à 55%) et en France (à 49%). C’est 10 points de moins qu’il y a un an. La consommation a ponctuellement doublé d’une année sur l’autre, provoquant une hausse des soutirages. La hausse des températures va permettre de faire remonter les stocks sachant que les flux norvégiens sont au maximum et les livraisons de GNL en surabondance. Les prix de gros à moyen et long terme reflètent d’ailleurs l’absence d’inquiétude du marché. Attention néanmoins à la hausse du pétrole qui pourrait avoir des conséquences sur le gaz. 

Suivi des prix de marché de gros de l’électricité : Baseload (€/MWh) :

Années Clôture
  02/01/2026 09/01/2026  
2027 49,84 49,47
2028 52,88 52,19
2029 55,81 54,69 ↓ 

Suivi des prix de marché de gros du gaz : Marché TRF (Trading Region France) (€/MWh) :

Années Clôture
  02/01/2026 09/01/2026  
2027 24,98 23,98
2028 23,67 22,83
2029 22,62 21,99