L’actualité à la une

Marchés de l’énergie : la détente géopolitique fait reculer les prix, jusqu’à quand ?

Après trois semaines de hausse, les marchés de l’électricité et du gaz enregistrent une correction marquée. Les perspectives de désescalade géopolitique font reculer les prix à terme, avec une baisse de près de 7 €/MWh sur les échéances 2027 en une semaine. Cette détente contraste toutefois avec les tensions persistantes sur le marché spot, où le froid et la faiblesse de la production éolienne provoquent de fortes hausses de prix. Pour les entreprises, cette correction ouvre de nouvelles opportunités de couverture, sans pour autant garantir un retour durable à la baisse.

  • Gaz : le TTF repasse sous 90 €/MWh, mais l’approvisionnement reste fragile. Après avoir dépassé 100 €/MWh fin octobre, le TTF néerlandais est revenu autour de 86 €/MWh le 5 novembre. En France, le contrat TRF 2027 clôture jeudi à 70,07 €/MWh, en baisse de 6,85 € sur la semaine. Les fondamentaux restent tendus : QatarEnergy a prolongé l’arrêt de ses livraisons de GNL jusqu’à fin décembre au moins. Les stocks européens étaient remplis à 74,6 % au 1er novembre, environ 8 points de moins qu’il y a un an, et à 61 % seulement en Allemagne. 
  • Electricité : le Cal 2027 revient à 116 €/MWh, le spot dépasse 275 €/MWh. Le baseload France 2027 clôture jeudi à 116,02 €/MWh (−6,59 €). Les années 2028 et 2029 reviennent à 65 et 59 €/MWh. Le spot, lui, s’envole : il a atteint 261 €/MWh en moyenne pour jeudi et 278 €/MWh pour vendredi 6 novembre, avec un pic à 359 €/MWh à 18 h. En cause : une production éolienne très faible, une consommation en hausse avec la baisse des températures, et davantage de centrales au gaz appelées le soir. Pour les sites dont le prix suit le spot, novembre s’annonce coûteux. 
  • Capacité : le nouveau mécanisme s’applique aux factures depuis le 1er novembre. Désormais, RTE achète seul les capacités nécessaires pour passer les pointes de l’hiver, et le même prix s’applique à tous les consommateurs. Pour l’hiver 2026-2027, ce prix unitaire (le « quotient ») est fixé à 18 646,63 €/MW. Votre facture dépend de votre puissance moyenne appelée pendant 22 jours de pointe entre novembre et mars, de 7 h à 10 h et de 17 h à 20 h. Un fournisseur estime que le budget capacité pourrait doubler en 2026 et tripler en 2027 par rapport à 2025. Pour les entreprises, l’enjeu est double : vérifier les modalités de répercussion de ce nouveau coût dans leur contrat de fourniture et identifier les consommations pouvant être réduites ou décalées pendant les périodes de pointe.

Retrouvez notre analyse complète, les chiffres clés et nos perspectives à long terme dans notre dernier article de blog : [Lire l’article complet].

En bref – transition et sécurité énergétique

  • Compensation carbone : 13 nouveaux secteurs éligibles. Deux décrets et un arrêté élargissent l’aide qui compense, pour les électro-intensifs, le coût du CO2 inclus dans le prix de l’électricité. La chimie fait partie des secteurs ajoutés. L’aide couvre les coûts dès 2025, avec une enveloppe de 150 M€. En contrepartie, les bénéficiaires doivent déposer un plan de performance énergétique, faute de quoi l’aide peut être réclamée. 
  • Fonds chaleur : les nouvelles demandes sont gelées. Le gouvernement a suspendu le 3 novembre dernier les nouveaux dossiers du fonds chaleur de l’Ademe, qui finance la chaleur renouvelable (biomasse, géothermie, récupération de chaleur). Sa dotation tomberait à 500 M€ dans le projet de budget 2027, soit 300 M€ de moins, alors que les projets identifiés représentent environ 1,8 Md€ d’aides. Les études préalables restent finançables. Les entreprises qui préparent un projet doivent revoir leur plan de financement et leur calendrier. 
  • CEE : le dispositif se resserre. Les certificats d’économies d’énergie (CEE) financent des travaux d’efficacité, et leur coût est répercuté dans les factures d’énergie. Le gouvernement a supprimé 27 fiches de travaux d’un coup (JO du 28 octobre) : près de 48 fiches ont été supprimées ou restreintes depuis septembre. Le CEE « classique » reste stable, autour de 8,9 €/MWhc en octobre, mais le CEE « précarité » monte à 18,45 €/MWhc. Les acteurs du marché n’attendent pas de baisse, et certains travaux en entreprise ouvriront droit à moins de primes. 

En bref – Le point marchés

  • Notre recommandation : saisir les opportunités, sans renoncer à la flexibilité. Après plusieurs semaines de hausse, le repli des marchés offre une nouvelle occasion de sécuriser les budgets énergétiques. Cette détente reste néanmoins fragile, car largement dépendante des évolutions géopolitiques. L’entrée en vigueur du nouveau mécanisme de capacité invite les entreprises à examiner les conditions de répercussion de ce coût et leurs possibilités de modulation de consommation pendant les pointes hivernales. Dans un marché toujours volatil, l’enjeu n’est pas de trouver le point bas, mais de construire une stratégie d’achat cohérente avec ses besoins anticipés et son choix d’exposition au risque. 

Les marchés de gros : 

Suivi des prix de marché de gros de l’électricité : Baseload (€/MWh) :

Années Clôture
  29/10/2026 05/11/2026 var €
2027 122,61 116,02 -6,59
2028 69,89 65,23 -4,66
2029 62,48 59,13 -3,35

Suivi des prix de marché de gros du gaz : Marché TRF (Trading Region France) (€/MWh) :

Années Clôture
  29/10/2026 05/11/2026 var €
2027 76,92 70,07 -6,85
2028 48,54 42,62 -5,92
2029 34,99 30,45 –4,54