VOTRE ACTU DU MARCHÉ
Actualité Réglementaire : ce qu’il faut retenir. Entre ajustements tarifaires pour les réseaux gaziers et nouvelles règles du jeu pour l’équilibre électrique, le cadre réglementaire français opère sa mue ce printemps. Après les boucliers tarifaires des années précédentes, la fiscalité avait déjà retrouvé son plein régime au 1er février 2026 et le Versement Nucléaire Universel (VNU) a fait son apparition. Voici un condensé des quatre évolutions majeures qui continuent à transformer la gestion et la facturation de l’énergie cette année :
- Gaz : évolution de l’ATRD7 au 1er juillet 2026 : la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) a officialisé l’ajustement annuel du tarif péréqué d’Accès des Tiers aux Réseaux de Distribution (ATRD7) pour GRDF et les entreprises locales de distribution (ELD). Ce tarif permet de couvrir les coûts d’exploitation, de sécurité et de modernisation du réseau de distribution de gaz, tout en intégrant l’injection croissante de biométhane. L’évolution au 1er juillet 2026, qui suit la trajectoire définie pour la période 2024-2027, prend en compte l’inflation et les effets liés à la baisse des volumes consommés, ce qui pèse mécaniquement sur la part fixe de la facture des usagers. Pourquoi ça vous concerne : la commission retient une variation de la grille tarifaire de +5,87 % au 1er juillet 2026 (environ +1,5% sur les factures).
Le tarif d’utilisation des réseaux de transport de gaz avait déjà augmenté de +3,41 % au 1er avril 2026. Et depuis le 1er janvier 2026, les factures de gaz sont soumises au CPB (Certificats de production de Biométhane).
- Le nouveau visage du Mécanisme de Capacité : le cadre réglementaire de la réforme du mécanisme de capacité est désormais finalisé suite à la publication de quatre décrets au Journal Officiel du 22 mars 2026. Le mécanisme se concentre désormais sur l’hiver électrique (novembre à mars). Le premier décret ajuste les règles pour garantir la sécurité d’approvisionnement lors des pointes de consommation. Un objectif ambitieux de 4,7 GW a été fixé pour les capacités d’effacement et de stockage dès 2026. Les deux derniers décrets valident la méthodologie pour déterminer le prix des garanties de capacité. Ce que ça signifie : la réforme ne va pas faire chuter drastiquement votre facture d’électricité, mais elle vise à limiter les surcoûts inutiles (optimisation des coûts et signaux prix 22 fois par an) et à être plus transparente (système centralisé)
- RTE : gestion des prix négatifs et stabilité du réseau : un arrêté publié le 19 avril 2026 modifie la gestion opérationnelle des parcs éoliens et solaires dès ce 1er mai. Lors des épisodes de prix négatifs, l’arrêt ou le redémarrage simultané de trop nombreuses installations ENR pouvaient mettre en péril la stabilité du réseau. RTE peut désormais imposer un échelonnement des arrêts et redémarrages. Cette mesure technique vise à optimiser la production lors de ces phases de surplus énergétique. L’objectif : lisser l’impact sur le système électrique et éviter les risques de blackout lors des phases de surproduction d’électricité
- TRV : une distinction plus nette avec les offres de marché : face à la confusion possible pour les consommateurs, la CRE a publié des principes directeurs stricts concernant les fournisseurs historiques (EDF et ELD). Les fournisseurs doivent désormais adopter une signalétique, un vocabulaire et des supports de communication distincts pour que le client sache précisément s’il souscrit à un tarif encadré par l’État ou à un contrat libre. Impact : un marché qui gagne en maturité et en transparence
- Plus d’informations réglementaires sur notre blog
Bon à savoir
- Le groupement d’achat de WattValue – des économies mesurables : nous venons de clôturer notre première consultation 2026 en électricité qui s’est révélée fructueuse. Historiquement, le groupement d’achat offrait un avantage de plus de 10 % sur la part énergie des contrats de fourniture. Cette fois-ci, par rapport aux consultations individuelles de la même période, rejoindre nos groupements offre un avantage de plus de 12 % sur les tarifs d’hiver et de plus de 20 % sur ceux d’été.
Vous avez des questions sur le retour sur investissement de nos mises en concurrence et de nos services ? N’hésitez pas à nous contacter.
Selon nous, les principales raisons de ces résultats sont les suivantes.:- Mutualisation des besoins : c’est l’effet volume, puisque nous négocions pour des volumes de plusieurs dizaines de milliers de MWh, à comparer à la consommation moyenne d’environ 200 MWh par site du groupement
- Mise en concurrence bien maîtrisée : prix valables sur un délai très court, réduction des primes de risques appliquées par les fournisseurs, comparaison réalisée après une préparation soignée, analyse et sécurisation de tous les éléments du contrat et choix judicieux de la période de consultation
- Nombre de fournisseurs consultés : benchmark complet du marché (20 fournisseurs invités à participer)
- Garanties d’Origine (GO) : vers une traçabilité « bas carbone » et granulaire. Après 2030, les Garanties d’Origine connaîtront une véritable transformation, passant d’un simple outil prouvant au consommateur final qu’une partie de l’énergie achetée est issue de sources renouvelables à une certification réglementaire incontournable. Dans la consultation lancée par l’UE, l’objectif central est de transformer les Garanties d’Origine (GO) en un levier de décarbonation beaucoup plus précis et exigeant pour la période post-2030. La Commission européenne cherche principalement à valider le passage à une “granularité horaire”, afin que la preuve de l’origine renouvelable corresponde à l’heure réelle de consommation, encourageant ainsi le stockage et la flexibilité du réseau. Au-delà de cette précision technique, le débat porte sur l’extension du système aux énergies bas carbone (comme le nucléaire) et sur le renforcement de la transparence pour garantir que l’achat de ces certificats déclenche réellement la construction de nouvelles capacités de production, évitant ainsi tout risque de greenwashing.
- Analyse de la transition fiscale : de la dépendance fossile à la souveraineté électrique. La crainte que l’État ne surtaxe l’électricité pour compenser le déclin des fossiles est une petite musique qui monte. Si les carburants rapportent 30 Md€ par an, l’électricité en génère déjà 14 Md€. Le différentiel de 16 Md€ n’est pas une perte nette, mais un transfert massif de richesses vers l’économie française. En s’affranchissant des hydrocarbures importés — au flux précaire via le détroit d’Ormuz — la France renforce sa balance commerciale. On estime que 11 Md€ reviendraient indirectement dans les caisses publiques : 6 Md€ via la TVA sur le pouvoir d’achat libéré et 5 Md€ grâce au dynamisme des entreprises. Au final, le besoin de financement résiduel de 5 Md€ reste dérisoire face au coût des crises énergétiques passées. L’électrification ne fragilise pas le budget de l’État : elle le rend plus souverain. Reste à voir si nos gouvernants, toujours en quête de recettes immédiates, sauront privilégier cette vision de long terme
- CEE : vers un marché plus compétitif : la DGEC (Ministère de l’économie) durcit le cadre des programmes Certificats d’Economie d’Energie pour maximiser l’efficacité du financement privé. Le changement majeur réside dans la fin du prix fixe pour les grands acteurs, remplacé par une mise en concurrence au « mieux-disant ». Pour éviter toute spéculation, l’État impose désormais des plafonds de financement dégressifs et une interdiction de revente des CEE pour les petits obligés et les acteurs ultramarins. Une stratégie d’offre unique par groupe (grands obligés, petits obligés et outre-mer) est également instaurée pour garantir l’équité du marché. Les CEE dépassent les 10€/MWh sur les factures de gaz et d’électricité : un contrôle accru est le minimum attendu.
Les marchés :
- Marché de gros de l’électricité : le marché de l’électricité profite d’un retour à la normale de la production éolienne et de la montée en puissance du solaire, réduisant la part du gaz à seulement 1 % du mix énergétique. Cette abondance renouvelable a provoqué des prix spots nuls ou négatifs tout au long de la semaine (-478,80€/MWh ce week-end, le prix au comptant étant lui à 0€/MWh entre 10h15 et 16h ce jour) et contribue à maintenir les contrats futurs (2027 et 2028) sous les 60 €/MWh. Dans cette dynamique volatile, le potentiel de rebond est bien présent et à privilégier à celui d’une baisse supplémentaire, marquant un point d’alerte stratégique pour les acheteurs.
- Marché de gros du gaz. Les prix du gaz étaient sur une tendance baissière avant d’effacer leur gains en 24h, contrariés par les échecs diplomatiques entre USA et Iran. La volatilité reste donc élevée en raison des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, dont la fermeture éphémère du détroit d’Ormuz maintient une pression sur les cours mondiaux. Dans ce contexte d’incertitude sur les discussions entre les États-Unis et l’Iran, il est important de rappeler que seuls 3% du marché mondial du gaz est concerné par la guerre – mais ce sont ces 3% qui équilibrent les flux mondiaux. En économie, on se réfère au prix marginal (coût de production de la dernière unité produite pour répondre à la demande). Les stocks européens sont montés à 31,5 % (30 % en France) grâce à des flux norvégiens constants, malgré des maintenances prévues qui risquent de ralentir ces arrivées. Ils se rapprochent progressivement des niveaux observés il y a un an.
- Retrouvez un suivi quotidien des prix de gros de l’électricité sur notre site internet : EEX Settlement Price Futures – WattValue – Achats groupés d’énergie et énergie renouvelable pour les professionnels
Suivi des prix de marché de gros de l’électricité : Baseload (€/MWh) :
| Années | Clôture | ||
| 17/04/2026 | 24/04/2026 | ||
| 2027 | 52,00 | 54,90 | ↑ |
| 2028 | 50,40 | 51,54 | ↑ |
| 2029 | 53,23 | 54,43 | ↑ |
Suivi des prix de marché de gros du gaz : Marché TRF (Trading Region France) (€/MWh) :
| Années | Clôture | ||
| 17/04/2026 | 24/04/2026 | ||
| 2027 | 32,38 | 36,64 | ↑ |
| 2028 | 25,71 | 28,14 | ↑ |
| 2029 | 23,21 | 23,89 | ↑ |
