L’actualité à la une
Marchés de l’énergie : la fenêtre de prix bas est-elle en train de se refermer ?
La tension observée depuis la rentrée s’est nettement accentuée cette semaine sur les marchés européens de l’énergie. Le gaz poursuit sa hausse sous l’effet des difficultés d’approvisionnement en GNL et du faible niveau des stockages européens. L’électricité française, jusqu’ici relativement protégée par de bons fondamentaux, commence à suivre le mouvement, particulièrement sur les échéances les plus proches. Pour les entreprises, cette évolution rappelle surtout une chose : après plusieurs mois de détente des marchés, les niveaux de prix attractifs observés au cours du premier semestre ne sont jamais définitivement acquis.
- Gaz : l’Europe aborde l’hiver avec une marge de sécurité réduite. Les prix du gaz européen ont dépassé cette semaine 75 €/MWh, soit plus du double de leur niveau d’il y a un an. En cause notamment : les perturbations persistantes des flux de GNL du Moyen-Orient et une concurrence accrue entre l’Europe et l’Asie pour attirer les cargaisons disponibles. La situation des stockages renforce cette nervosité : au 10 septembre, ils n’étaient remplis qu’à 67,8 % dans l’Union européenne, contre 75,4 % en France et seulement 55,4 % en Allemagne. Il ne s’agit pas à ce stade d’un risque immédiat de pénurie, mais d’une situation qui rend le marché particulièrement sensible à l’arrivée de l’hiver. Un épisode de froid ou une nouvelle perturbation des approvisionnements pourrait entraîner de nouveaux mouvements importants.
- Electricité : le marché français finit par rattraper la hausse du gaz. Jusqu’à présent, la bonne disponibilité du parc nucléaire avait permis au marché français de conserver des niveaux relativement attractifs. Cette résistance montre désormais ses limites. Le contrat d’électricité français pour livraison en 2027 a dépassé cette semaine 87 €/MWh, atteignant son plus haut niveau depuis plus de deux ans. La hausse du gaz constitue le principal moteur de ce mouvement, auquel se sont ajoutées des indisponibilités nucléaires liées aux fortes chaleurs et par une production hydroélectiquqe particulièrement faible. Les échéances plus lointaines restent toutefois beaucoup moins tendues : au 11 septembre, les références de marché se situaient autour de 62,5 €/MWh pour 2028 et 58,4 €/MWh pour 2029. Cette forte différence entre les échéances rappelle tout l’intérêt d’anticiper suffisamment tôt ses futurs contrats plutôt que d’attendre leur renouvellement.
- Garanties d’Origine : la France a déjà une longueur d’avance. La Commission européenne poursuit actuellement ses travaux pour renforcer et harmoniser la reconnaissance des Garanties d’Origine à l’échelle européenne. Ces discussions confirment l’importance croissante de cet outil de traçabilité de l’électricité renouvelable. Mais sur ce sujet, la France est déjà très en avance. Les Garanties d’Origine sont pleinement intégrées au Code de l’énergie, avec un registre national encadrant leur émission, leur transfert et leur annulation. Et aussi, depuis 2023, la réglementation française impose un calage mensuel entre production et consommation : pour certifier la consommation d’un mois donné, les Garanties d’Origine utilisées doivent provenir d’une production réalisée au cours de ce même mois. La France est ainsi déjà allée bien au-delà d’une simple certification annuelle de volumes renouvelables, en renforçant notamment la cohérence temporelle entre l’électricité produite et la consommation dont l’origine est certifiée. Les travaux européens actuels apparaissent donc moins comme une nouveauté pour le marché français que comme un mouvement de convergence vers des mécanismes de traçabilité dont la France applique déjà certains des principes les plus exigeants.
Retrouvez notre analyse complète, les chiffres clés et nos perspectives à long terme dans notre dernier article de blog : [Lire l’article complet].
En bref – transition et sécurité énergétique
- Europe : la sortie des énergies russes reste un chantier inachevé. La Cour des comptes européenne alerte cette semaine sur les fragilités de la stratégie européenne de sortie des hydrocarbures russes. La part du gaz russe dans les importations de l’UE a fortement diminué depuis 2022, mais les investissements nécessaires dans les renouvelables, les réseaux et la diversification des approvisionnements restent importants et à faire. Un constat particulièrement sensible alors que l’Europe aborde l’hiver avec des stocks de gaz plus faibles et souhaite poursuivre sa réduction de la dépendance énergétique à la Russie.
- France : la solarisation des parkings se double d’un objectif industriel européen. Un décret publié le 7 septembre permet aux propriétaires de parkings extérieurs de 1 500 à 10 000 m² de reporter jusqu’en 2030 leur obligation de solarisation, à condition notamment d’utiliser des panneaux photovoltaïques assemblés dans l’Espace économique européen et répondant à des critères de performance, de durabilité et d’empreinte carbone. L’objectif est double et bien orienté : poursuivre le développement du solaire sur les surfaces déjà artificialisées tout en favorisant l’émergence d’une filière photovoltaïque européenne. La transition énergétique devient ainsi également un enjeu de politique industrielle.
- France : le solaire poursuit son accélération. La puissance photovoltaïque installée en France a atteint 34 GW à fin juin 2026, avec 3 GW supplémentaires raccordés au premier semestre. Cette progression se traduit désormais très concrètement dans le mix électrique : au deuxième trimestre, le solaire a produit 14,1 TWh, en hausse de 18 % sur un an, et couvert 8,6 % de la consommation électrique métropolitaine hors autoconsommation. Plus significatif encore, 62 % des installations photovoltaïques pratiquent désormais totalement ou partiellement une autoconsommation.
En bref – Le point marchés
- Notre analyse : ne pas confondre anticipation et précipitation. La hausse brutale des dernières semaines ne signifie pas qu’il faille nécessairement tout fixer aujourd’hui. Elle montre en revanche à quelle vitesse une fenêtre de marché favorable peut se refermer. Les écarts importants entre les différentes échéances plaident plus que jamais pour une stratégie d’achat différenciée, adaptée aux contrats, aux volumes restant à couvrir et à la capacité de chaque entreprise à supporter la volatilité. Une consultation électricité est actuellement en cours chez WattValue pour négocier les prochaines échéances de contrats. Les entreprises qui souhaitent y participer peuvent encore rejoindre notre achat groupé : la période d’adhésion se termine le 20 septembre 2026. L’objectif n’est pas de fixer systématiquement les prix aujourd’hui, mais de se mettre en position de profiter des opportunités de marché lorsqu’elles se présentent, grâce à une consultation structurée et à une stratégie d’achat bien définie en amont.
Les marchés de gros :
- Retrouvez un suivi quotidien des prix de gros de l’électricité et du gaz sur notre site internet : EEX Settlement Price Futures – WattValue – Achats groupés d’énergie et énergie renouvelable pour les professionnels
Suivi des prix de marché de gros de l’électricité : Baseload (€/MWh) :
| Années | Clôture | ||
| 03/09/2026 | 10/09/2026 | var € | |
| 2027 | 78,99 | 90,22 | +11,23 |
| 2028 | 56,21 | 64,16 | +7,95 |
| 2029 | 53,25 | 59,40 | +6,15 |
Suivi des prix de marché de gros du gaz : Marché TRF (Trading Region France) (€/MWh) :
| Années | Clôture | ||
| 03/09/2026 | 10/09/2026 | var € | |
| 2027 | 52,11 | 59,51 | +7,40 |
| 2028 | 34,17 | 36,27 | +2,10 |
| 2029 | 27,21 | 28,27 | +1,06 |
