VOTRE ACTU DU MARCHÉ
Électricité : un marché de gros qui garde son sang-froid. Malgré les tensions persistantes au Moyen-Orient, les prix de gros de l’électricité pour les échéances 2028 et 2029 affichent une stabilité remarquable. Pourquoi une telle résilience face à la volatilité du pétrole et du gaz ? La très faible part du gaz dans le mix de production français protège les prix de long terme. Une disponibilité nucléaire (et même une surcapacité nationale) retrouvée rassure les marchés. La hausse structurelle de la production renouvelable en France et en Europe vient compenser les incertitudes géopolitiques.
Point de vigilance : court terme vs. long terme. Attention à ne pas surinterpréter les gros titres des médias généralistes. Ceux-ci se focalisent souvent sur le prix “Spot” (au comptant), dont la volatilité est spectaculaire mais ne reflète pas forcément la réalité des contrats entreprises de longue durée. Une fermeture prolongée du détroit d’Ormuz impacterait inévitablement les prix du gaz. Par ricochet, les échéances électriques 2026 et 2027 pourraient subir une hausse par corrélation, même si la faible demande thermosensible (la remontée des températures !) actuelle limite pour l’instant ce risque.
Le suivi des marchés à terme du gaz et de l’électricité est disponible sur notre page dédiée : Suivi des Marchés de Gros – WattValue – Achats groupés d’énergie et énergie renouvelable pour les professionnels.
À retenir : Il est crucial de distinguer le prix de gros du prix de fourniture final. Pour fixer leurs tarifs, les fournisseurs ajoutent au prix de marché une prime de risque. Plus l’incertitude géopolitique dure, plus cette prime gonfle pour couvrir les variations de consommation et les incertitudes de court terme. Côté gaz naturel, les primes de risque restent élevées et volatiles. Côté électricité, la France tire son épingle du jeu grâce à sa faible dépendance fossile, maintenant ces primes à des niveaux plus raisonnables. Notre consultation groupée en cours nous permettra de mesurer précisément ces marges de risque appliquées par les fournisseurs. C’est le meilleur levier pour obtenir un prix juste malgré le contexte. Dans ce marché, l’anticipation reste votre meilleure protection : au vu des niveaux de prix actuels, sécuriser vos positions maintenant permet d’éviter de subir une volatilité imprévisible demain.
Bon à savoir
- Stockage du Gaz en Europe – optimiser l’équilibre entre l’offre et la demande sur une période plus longue : face à l’instabilité croissante au Moyen-Orient, la Commission européenne appelle les États membres à une vigilance accrue et à une préparation anticipée de l’hiver prochain. Bien que les réserves actuelles soient rassurantes, Bruxelles souligne que les perturbations potentielles sur les routes maritimes du GNL imposent de remplir les stocks à minima à 80 % bien avant l’échéance de novembre. Alors que la commission anticipe une crise longue, cet appel exhorte les gouvernements à maintenir leurs efforts de sobriété énergétique, à accélérer la transition vers les énergies renouvelables pour limiter la dépendance aux flux importés, à une solidarité renforcée et à une coordination stratégique pour assurer une sécurité énergétique durable face aux chocs géopolitiques imprévisibles.
- Retour en grâce tactique du charbon : le charbon bénéficie d’un effet de substitution économique au GNL. Les routes logistiques étant différentes, il devient mathématiquement plus compétitif pour produire de l’électricité. Le conflit a affaibli le marché européen du carbone (quotas d’émission), rendant l’utilisation du charbon moins pénalisante financièrement qu’en période normale. Alors que l’Allemagne et l’Italie (sortie du charbon repoussée de 13 ans) réactivent leurs réserves ou assouplissent leurs normes environnementales pour stabiliser leurs réseaux, l’Inde et la Chine intensifient massivement leurs capacités de production, à l’image des records d’installation de nouvelles centrales indiennes. Cette tendance globale privilégie ainsi la continuité de l’approvisionnement et la croissance économique sur les objectifs climatiques, transformant le charbon en un « bouclier » contre la volatilité énergétique actuelle.
- Blackout en Espagne – Le rapport final sur le blackout historique d’avril 2025 en zone ibérique pointe une défaillance majeure du contrôle de la tension et de la puissance réactive. Des hausses de tension brutales ont provoqué des déconnexions en cascade, entraînant la panne la plus grave de ces vingt dernières années. La responsabilité est systémique et collective : gestionnaire de réseau (lacunes dans le contrôle de la tension), les producteurs d’énergie (“déconnexions inappropriées” aggravant la situation), cadre réglementaire (règles actuelles inadaptées à la rapidité d’évolution du mix électrique). On parle donc d’un défaut de coordination technique et de mise à jour des normes face à un réseau électrique qui change plus vite que les outils de régulation et devra être traité en Espagne et au niveau européen. [Mise à jour 25 mars 2026] Foire aux questions : black-out du 28 avril 2025 sur la péninsule ibérique | RTE
- Un marché français en pleine concentration ? Le 20 mars 2026, GazelEnergie (filiale du groupe tchèque EPH) a finalisé le rachat d’Ilek, pionnier toulousain de l’énergie verte. Cette opération permet à GazelEnergie, historiquement focalisé sur les entreprises et collectivités (16 TWh commercialisés en 2025), de s’ouvrir au marché des particuliers en intégrant les 175 000 clients résidentiels d’Ilek. L’intégration progressive prévue courant 2026 vise à créer des synergies commerciales dès cet été, avec l’ambition ambitieuse de doubler le portefeuille clients d’ici trois ans. Ce rachat s’inscrit dans une phase de consolidation du secteur de la fourniture en France. Il fait directement écho à l’acquisition majeure, annoncée en février 2026, de Vattenfall Energies SA par Alterna Énergie (en faisant le 4ème fournisseur national). Face à la volatilité persistante des prix et aux exigences de la transition énergétique, la survie des fournisseurs alternatifs passe aussi par une augmentation rapide de leur base clients et une maîtrise directe de leur approvisionnement.
- Lancement opérationnel de la 3ème Programmation Pluriannuelle de l’Énergie. Le jeudi 2 avril, en déplacement en Vendée, Roland Lescure (ministre de l’Économie) et Maud Bregeon (ministre déléguée à l’Énergie) ont officialisé un calendrier ambitieux d’appels d’offres (AO) pour le solaire et l’éolien. Ces annonces s’inscrivent dans le cadre de la nouvelle PPE3 (Programmation Pluriannuelle de l’Énergie) visant à accélérer l’électrification du pays. Solaire photovoltaïque : trois sessions dépassant allègrement 1GW sont programmées d’ici à l’automne. Éolien terrestre : le calendrier prévoit deux tranches de déploiement, avec une première session de 800 MW dès mai 2026 et une seconde programmée pour septembre 2026. Éolien offshore : le gouvernement lance un “super AO” historique de 10 GW, pour une désignation des lauréats début 2027.
Les marchés :
- Marché de gros de l’électricité : le tarif unitaire de minoration du versement nucléaire universel (VNU) est fixé à 0 euro pour 2026…, sans surprise vu le niveau de marché actuel. Ce niveau est publié en dépit de la hausse du marché de gros en 2026 avec la crise au moyen orient. Les prix de gros au comptant ont largement retrouvé les territoires négatifs dans plusieurs pays avec le week-end de Pâques, la douceur des températures et la hausse de la production éolienne. A plus long terme, sur ces 2 dernières semaines, seule l’échéance 2029 s’est appréciée mais reste dans la fourchette des 50 à 55€/MWh qu’elle connait depuis plusieurs semaines. La production nucléaire aurait dépassé 100 TWh au T1 2026, un plus haut depuis plusieurs années.
- Marché de gros du gaz. Le marché du gaz naturel amorce une correction baissière notable depuis le début des tensions au Moyen-Orient avec un recul marqué sur les échéances lointaines (2027 à 39,51 €/MWh par exemple). Cette détente est portée par l’absence d’escalade militaire sur les infrastructures gazières du Golfe (à ce jour), couplée à une douceur printanière en Europe qui limite la demande de chauffage mais aussi par la baisse de demande de GNL de la… Chine. La concurrence asiatique demeure un point de vigilance pour l’équilibre du marché alors que la période de remplissage des stocks va démarrer. Ces derniers atteignent 28% en Europe (23% en France ou en Allemagne)
- Retrouvez un suivi quotidien des prix de gros de l’électricité sur notre site internet : EEX Settlement Price Futures – WattValue – Achats groupés d’énergie et énergie renouvelable pour les professionnels
Suivi des prix de marché de gros de l’électricité : Baseload (€/MWh) :
| Années | Clôture | ||
| 19/03/2026 | 02/04/2026 | ||
| 2027 | 56,96 | 56,57 | ↓ |
| 2028 | 51,82 | 51,54 | ↓ |
| 2029 | 53,55 | 54,68 | ↑ |
Suivi des prix de marché de gros du gaz : Marché TRF (Trading Region France) (€/MWh) :
| Années | Clôture | ||
| 19/03/2026 | 02/04/2026 | ||
| 2027 | 45,96 | 39,51 | ↓ |
| 2028 | 30,68 | 28,52 | ↓ |
| 2029 | 24,34 | 24,43 | ↑ |
