Nouvelle année, nouvelle énergie : tous nos vœux de réussite et de performance à vos côtés.
Ce qui change pour vos contrats d’énergie en ce début d’année 2026 : comme tous les ans, il va falloir être attentif aux changements réglementaires qui vont toucher vos factures d’énergie (gaz et électricité). Certains éléments sont déjà connus, d’autres ne le seront que dans les prochaines semaines. Pourtant ils seront potentiellement applicables dès les consommations de ce mois de janvier ou de février (et donc intégrés aux factures associées).
- 6ème période des CEE : la 6ème période du dispositif des Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) se met en place le 1er janvier 2026. La majorité des contrats d’énergie prévoit une majoration contractuelle des CEE indiquée aux contrats de gaz et d’électricité. Cette majoration prend en compte la hausse de 27% des obligations et l’évolution des coefficients réglementaires appliqués au gaz et à l’électricité. L’ajustement sera calculé par votre fournisseur conformément à votre contrat : comptez 2€/MWh en plus sur vos factures, la régularisation pouvant avoir lieu sur plusieurs factures.
- Certificats de Production de Biométhane : le Certificat de Production de Biométhane (CPB) est un certificat électronique qui atteste qu’un MWh de biométhane a été produit et injecté dans le réseau de gaz naturel en France. A partir du 1er janvier, les fournisseurs de gaz naturel doivent restituer un certain nombre de CPB à l’État chaque année. Pour 2026, l’obligation est de 0,0041 CPB/MWh de gaz consommé. Si un fournisseur ne restitue pas suffisamment de CPB, il s’expose à une pénalité de 100 € par certificat manquant – on peut donc s’attendre à ce que les factures de gaz soient majorées de 0,41€/MWh pour de nombreux fournisseurs en raison de l’absence de liquidité (obligation passant à 0,0182 CPB/MWh ou 1,82€/MWh en 2027).
- Baisse de la CTA : le gouvernement, par la voix du premier ministre, a annoncé fin décembre un allègement de la facture d’électricité dès le 1ᵉʳ février 2026. Elle prend la forme d’une réduction de 25 % de la Contribution Tarifaire d’Acheminement (CTA). La CTA sert à financer les droits spécifiques liés à l’assurance vieillesse des employés du régime des industries électriques et gazières. Son taux 2025 de 21,93% s’applique à la part fixe hors taxes du TURPE (Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Électricité) – c’est lui qui va baisser. A titre d’exemple, un consommateur ayant une puissance de raccordement de 150kVA verrait sa CTA annuelle baisser d’environ 175€/an. Question subsidiaire : la CTA s’applique également à l’accès au réseau de gaz avec un taux différent – mais le gouvernement ne fait pas mention de sa baisse pour cette énergie.
- Accises sur le gaz et l’électricité : avec ou sans loi de finance, les tarifs d’accise sur l’électricité et le gaz devraient évoluer respectivement au 1er février 2026 et au 1er janvier 2026. Ils sont en effet composés d’un tarif “normal” et d’une majoration indexée sur l’inflation. La plus grosse inconnue réside dans la révision du tarif normal, qui est l’apanage des députés et des sénateurs dans la loi de finance (baisse sur l’électricité ? hausse sur le gaz ?). Les accises pour l’électricité connues à date, hors tarif réduit ou exonération, sont de 29,98€/MWh pour la catégorie « ménages et assimilés » et de 25,79€/MWh pour la catégorie « PME » ou « haute puissance » ; l’accise pour le gaz s’élève à 15,43€/MWh.
- Fin de l’ARENH : les factures d’électricité que vous recevrez en janvier seront les dernières à intégrer de l’ARENH. L’ARENH était un mécanisme créé en 2010 permettant aux consommateurs de bénéficier dans leur prix de fourniture d’une part d’électricité nucléaire d’EDF à prix régulé (42€/MWh). Ce dispositif qui s’est révélé très protecteur pour les consommateurs, s’est arrêté le 31/12/25 et est remplacé par le Versement Nucléaire Universel (voir ci-dessous), qui ne se déclenche qu’au dessus d’un seuil de 78€/MWh.
- Révision du mécanisme de capacité : la Commission européenne a indiqué, le 22 décembre 2025, approuver la réforme du mécanisme de capacité d’électricité français. Ce nouveau mécanisme s’appliquera pendant dix ans dès le 1er novembre 2026. Le mécanisme de capacité, qui permet d’assurer la sécurité d’approvisionnement en électricité notamment pendant les périodes de forte demande, passe d’un modèle d’enchères décentralisées à un modèle d’appel d’offres géré par RTE. Il est refacturé aux fournisseurs qui eux mêmes le refacturent aux consommateurs. Cette centralisation devrait permettre d’avoir une meilleure visibilité sur le coût de ce mécanisme.
À retenir : en raison de ces mises à jour réglementaires, les fournisseurs vont, pour la majorité d’entre eux, effectuer des contrôles internes pour garantir la fiabilité des factures de gaz et d’électricité à leur clients. D’autres procéderont à des régularisations. Si ces dernières années sont un exemple, ces contrôles se traduiront par un retard temporaire dans l’émission des factures de janvier et de février 2026. Nous vous encourageons fortement en cas de retard de facturation à provisionner janvier et février 2026 (vous pouvez retrouver votre budget mensuel estimé en électricité sur votre espace client WattValue). Dans tous les cas, nous vérifierons l’application de votre contrat de fourniture.
Bon à savoir
- Production d’électricité et exportation : EDF a confirmé, le 18 décembre dernier, ses estimations de production nucléaire en France pour les trois prochaines années. L’électricien prévoit entre 350 et 370 TWh pour les années 2026 et 2027 et entre 345 et 375 TWh pour 2028. Le 2 janvier 2026, RTE a publié un pré-bilan électrique 2025. La consommation est stable d’une année vers l’autre à 449TWh (1TWh = 1000 GWh = 1 million de MWh) mais en baisse de 6% par rapport à la période pre-Covid (2014-2019). La production s’est établie à 544TWh (+1% versus 2024) à 95% décarbonée. Les exportations établissent un nouveau plus haut de 92TWh (le précédent était de 89TWh en 2024).
- Versement Nucléaire universel (VNU) : la CRE (Commission de Régulation de l’Energie) a publié son avis sur le projet de décret relatif aux conditions d’application du VNU (remplaçant de l’ARENH, correspondant à une redistribution à tous les consommateurs d’une partie des revenus nucléaires d’EDF au delà d’un certain seuil). Elles souscrit à un versement en amont (minoration de la facture du consommateur) si le versement anticipé est supérieur à 1€/MWh. Cette minoration pourra être revue en cours d’année si des écarts significatifs devaient être constatés. Seules les consommations d’avril à octobre seraient concernées par le VNU, ce que la CRE ne considère pas judicieux. Dans tous les cas, le niveau du marché actuel, bien en dessous du 1er seuil d’application du VNU (78€/MWh), laisse augurer d’une absence de reversement en 2026.
- Nouveau nucléaire : EDF estime désormais le coût des six réacteurs EPR2 à 72,8 milliards d’euros, en euros de 2020, selon des sources concordantes citées par Les Echos. Ce montant correspondant à 83 Milliards d’Euro 2025 est en hausse de 5 milliards en comparaison à l’estimation de 2022.
- Observatoire du marché de détail : le document de la Commission de régulation de l’énergie présente un état des lieux détaillé des marchés français de l’électricité et du gaz naturel au troisième trimestre 2025. Il souligne une concurrence accrue, marquée par une hausse constante des souscriptions aux offres de marché d’électricité au détriment des tarifs réglementés, tant chez les particuliers que chez les professionnels éligibles. Les données révèlent que les fournisseurs alternatifs captent une part croissante du secteur. Les fournisseurs alternatifs (autres que EDF pour l’électricité et Engie pour le gaz) détiennent une part de marché de 40,6 % en nombre de sites et de 52,2 % en consommation annualisée d’électricité. Pour le gaz, les fournisseurs alternatifs dominent le segment non résidentiel, représentant 60,1 % du nombre de sites.
Les marchés :
- Marché de gros de l’électricité : pour la première fois, les prix à terme du marché de gros de l’électricité pour 2027 sont passés sous les 50€/MWh. La baisse est également sensible pour 2028 et 2029. Le Peakload (prix du marché de gros pendant les heures de forte consommation) a notamment sérieusement décroché pour les échéances 27 à 29, anticipant une forte production photovoltaïque et éolienne. Pour sa dernière cotation, le Baseload 2026 a clôturé à 50,83€/MWh tiré par la demande hivernale.
- Marché de gros du gaz : sans surprise la vague de froid et des maintenances imprévues ont tiré les prix vers le haut notamment pour livraison en 2026. Le niveau des stocks de gaz européen se maintiennent à 61% (la France étant autour de 57%). C’est 8 points de moins qu’en janvier 2025 mais ces niveaux n’inspirent pas de crainte particulière. La question qui va hanté le marché est l’intervention des USA au Venezuela.
Suivi des prix de marché de gros de l’électricité : Baseload (€/MWh) :
| Années | Clôture | ||
| 12/12/2025 | 02/01/2026 | ||
| 2026 | 49,72 | 50,83 (au 29/12/25) | ↑ |
| 2027 | 50,37 | 49,84 | ↓ |
| 2028 | 53,72 | 52,88 | ↓ |
| 2029 | 56,94 | 55,81 | ↓ |
Suivi des prix de marché de gros du gaz : Marché TRF (Trading Region France) (€/MWh) :
| Années | Clôture | ||
| 12/12/2025 | 02/01/2026 | ||
| 2026 | 25,92 | 26,54 (au 29/12/25) | ↑ |
| 2027 | 24,37 | 24,98 | ↑ |
| 2028 | 23,04 | 23,67 | ↑ |
| 2029 | 22,57 | 22,62 | ↑ |

