VOTRE ACTU DU MARCHÉ
Gaz naturel : équilibres et perspectives du marché gazier (mai 2026). Le marché mondial aborde le deuxième trimestre 2026 dans une configuration de resserrement de l’offre, principalement dictée par les perturbations logistiques dans le détroit d’Ormuz qui affectent environ 20 % des flux mondiaux de GNL. Le potentiel de production du Qatar serait impacté de 17 % pour les cinq années à venir. Bien que les prix du TTF (la principale place de marché de gros européenne) se soient stabilisés sous la barre des 50€/MWh après la volatilité de mars et un pic de 74€/MWh, l’enjeu européen immédiat réside dans la stratégie de reconstitution des stocks. Pour atteindre les objectifs de remplissage des stocks à 80 ou 90% d’ici l’hiver, l’Europe doit sécuriser environ 130 cargaisons de GNL par mois, soit 10 de plus que l’an dernier, dans un marché tendu. La dépendance aux volumes américains est préoccupante face à des capacités alternatives qui, selon le GECF (Gas Exporting Countries Forum – GECF), restent sous-optimisées faute d’investissements suffisants en amont. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), un déficit d’approvisionnement d’environ 120 milliards de mètres cubes est même possible entre 2026 et 2030. À moyen terme, le consensus des analystes table sur une normalisation progressive du spot vers 45 €/MWh d’ici fin 2026, sous réserve d’une reprise graduelle des exportations moyen-orientales. Toutefois, le GECF souligne une inconnue majeure : la persistance de ces tensions logistiques pourrait donner lieu à une érosion structurelle de la demande en gaz. En poussant les importateurs, surtout en Asie, à réduire durablement leur consommation, à revenir au charbon ou à accélérer la transition énergétique, le marché risque de ne jamais voir l’excédent d’offre prévu au départ se concrétiser. Une faiblesse durable de la demande et des investissements dans la production sont sur la table. En résumé, l’équilibre entre l’offre et la demande est déstabilisé !
À retenir : le prix spot actuel subit une forte prime de risque en raison du blocage du détroit d’Ormuz. Verrouiller son budget gaz dès maintenant, avec des prix à terme sous les 40 €/MWh pour 2027 ou 30 € pour 2028 et 2029, est une option intéressante à envisager dans le contexte de 2026, car les niveaux à terme restent bien inférieurs aux prix spot observés en mai (entre 44 € et 47 €/MWh). Attendre une baisse importante est un pari risqué, alors qu’une sécurisation contractuelle permettrait d’éviter la volatilité budgétaire.
Bon à savoir
- Des CEE toujours élevés : nous le constatons dans toutes nos consultations : le prix des certificats d’économie d’énergie (CEE) CUMAC standards et précarités a fortement augmenté ces 12 derniers mois. Ils se situent désormais entre 11 et 12€/MWh pour un nouveau contrat de fourniture d’électricité ou de gaz naturel. Depuis début 2026, les prix des CEE “classique” semblent toutefois se stabiliser autour de 9€/MWhc (livraison 2027), tandis que ceux des CEE “précarité” oscillent autour de 16€/MWhc (source : C2EMarket). Le registre national EMMY montre une même tendance.
À retenir : ce n’est pas vraiment une consolation (le coût des CEE a plus que doublé en 3 ans), mais cette stabilisation enlève une variable importante d’incertitude budgétaire lors de la négociation des contrats de fourniture d’électricité ou de gaz naturel à venir.
- L’inconnue des certificats de production BioMéthane. En parallèle des tensions sur le gaz fossile, la filière française des gaz renouvelables tire la sonnette d’alarme sur l’urgence de sécuriser la production locale pour garantir notre autonomie stratégique. Bien que le biométhane soit un levier majeur de décarbonation, le secteur subit un coup d’arrêt dû au manque de visibilité réglementaire. L’absence de trajectoire pour les Certificats de Production de Biogaz (CPB) après 2028 bloque actuellement plus d’un milliard d’euros d’investissements et fragilise toute la chaîne de valeur. La filière appelle donc à définir la trajectoire 2028-2035 avant l’été 2026. L’objectif est simple : ne pas briser la dynamique industrielle et territoriale du biométhane. En parallèle, cette feuille de route permettrait aux consommateurs finaux d’anticiper le niveau d’obligation répercuté sur leurs factures de gaz (cette obligation, de 0,41 €/MWh en 2026, pourrait déjà atteindre 4,15 €/MWh en 2028, la suite restant inconnue).
- L’année 2025 s’impose comme une date charnière pour le mix électrique mondial : pour la première fois — hors crises économiques majeures — l’expansion des énergies décarbonées a intégralement absorbé la croissance de la demande en électricité, neutralisant de fait la progression des énergies fossiles. Ce virage structurel repose sur la domination du solaire, qui a comblé 75 % des nouveaux besoins. Un cap symbolique a été franchi : les renouvelables surpassent désormais le charbon en fournissant plus d’un tiers de l’électricité mondiale (33,8%) (Source : cabinet Ember). Si des initiatives de souveraineté nationale émergent, comme en Belgique avec la reprise sous contrôle étatique annoncée du nucléaire, le paysage énergétique reste sous tension. L’instabilité géopolitique, particulièrement au Moyen-Orient, continue de peser sur le coût des hydrocarbures, rappelant l’urgence de privilégier des sources d’énergie domestiques et durables. Un rappel largement repris par le président de la COP31.
À retenir : cette transition, qui pourrait être à marche forcée en raison de la conjoncture internationale, ne se fera pas à coût 0. L’exemple de la conversion de la centrale de Gardanne à la Biomasse, le dérapage des coûts du programme EPR2 d’EDF de 40% du devis initial ou les investissements de RTE et d’Enedis (100M d’€ chacun) pèseront lourdement dans la facture des consommateurs.
Les marchés :
- Marché de gros de l’électricité : le marché de gros de l’électricité, qu’il soit spot (“au comptant”) ou mensuel, traverse une baisse spectaculaire, totalement déconnectée de la flambée du pétrole, avec un contrat de juin tombant sous les 20 €/MWh. Cette tendance est portée par des prix spot historiquement bas, atteignant même un record de -500 €/MWh (ndlr – oui, négatif 500€/MWh) le 1er mai 2026, sous l’effet combiné d’une demande en baisse, de températures douces et d’une production renouvelable abondante en Europe du Sud. Avec une disponibilité nucléaire toujours solide, les produits à terme annuels reculent plus modérément, en phase avec les fondamentaux offre-demande. La stabilité des produits à terme calendaires offre des opportunités proches des plus bas annuels observés ces dernières semaines..
- Marché de gros du gaz. Le marché du gaz naturel fait preuve d’une réelle résilience face à la volatilité du pétrole, avec des prix au comptant stabilisés autour de 45 €/MWh. Cette déconnexion repose sur des piliers solides : une météo clémente et une dynamique de remplissage des stocks européens positive (ils affichent déjà un taux de remplissage de 33,4% et même 33,5% en France). La fluidité des flux norvégiens, conjuguée à une consommation industrielle malheureusement faible, favorise cette stabilité actuelle. Cependant, la configuration est atypique : les prix de gros pour la période estivale dépassent désormais ceux de l’hiver. Ce phénomène reflète l’anticipation d’une demande accrue pour répondre aux besoins de climatisation (notamment en Asie), tout en respectant les objectifs réglementaires de stockage. Dans ce contexte de marché en transition, sécuriser ses contrats dès maintenant apparaît comme une stratégie pertinente pour aborder l’horizon 2027-29 avec plus de sérénité.
- Retrouvez un suivi quotidien des prix de gros de l’électricité sur notre site internet : EEX Settlement Price Futures – WattValue – Achats groupés d’énergie et énergie renouvelable pour les professionnels
Suivi des prix de marché de gros de l’électricité : Baseload (€/MWh) :
| Années | Clôture | ||
| 24/04/2026 | 30/04/2026 | ||
| 2027 | 54,90 | 53,44 | ↓ |
| 2028 | 51,54 | 51,04 | ↓ |
| 2029 | 54,43 | 53,35 | ↓ |
Suivi des prix de marché de gros du gaz : Marché TRF (Trading Region France) (€/MWh) :
| Années | Clôture | ||
| 24/04/2026 | 30/04/2026 | ||
| 2027 | 36,64 | 36,50 | ↓ |
| 2028 | 28,14 | 27,49 | ↓ |
| 2029 | 23,89 | 23,56 | ↓ |
